20 mars 2018

Salah est grand

L'Egyptien de Liverpool marche sur l'eau et danse sur la neige. Au point de rappeler Messi. Que de chemin parcouru depuis sa période au FC Bâle.

Mohamed Salah: "Attrape-moi si tu peux".
Mohamed Salah: Attrape-moi si tu peux. (Capture d'écran NBC Sport)

«C'est un bosseur ce mec, on le voit pas se déconcentrer en faisant des pubs à 2 balles ou le kéké sur les réseaux sociaux, #Neymar, #Pogba» Ce genre de commentaires fleurissent désormais sur la toile pour chanter les louanges de Mohamed Salah.

Mo pour les intimes d'Anfield Road et du monde entier.Qui découvre stupéfait qu'un Egyptien ça n'est jamais aussi à l'aise que sur la glace et dans les tempêtes de neige. Le petit ailier pharaon de Liverpool a mis en effet le 18 mars dernier, dans des conditions particulièrement hivernales, une grosse cerise givrée sur le gâteau d'une saison de feu. Avec un quadruplé et une passe décisive contre Watford. «Les conditions étaient difficiles. Ça glissait et tout le monde a souffert, mais pas Mo» a froidement constaté son entraîneur Jürgen Klopp.

Certes Salah courait déjà très vite quand il était à Bâle, entre 2012 et 2014. Mais il ne faisait guère que ça, courir. 20 buts en deux saisons, c'était bien, sans plus. Il brillait néanmoins en Champions League et les plus grands clubs européens commençaient à s'intéresser à lui. «S'il était plus réaliste, je pourrais rajouter un zéro à son prix!» soupirait le président d'alors du FCB Bernhard Heusler, qui ne savait pas à quel point il avait raison.

C'est Chelsea qui emporte la mise, mais avec les Blues, Salah devra se contenter de bouts de match, malgré les louanges de Mourinho, jamais à une hypocrisie près: «Il est jeune, rapide, créatif et enthousiaste. Il est le genre de joueur qui est humble sur le terrain, prêt à travailler pour l'équipe». S'ensuit un exil italien, à la Fiorentina puis surtout deux saisons à la Roma où le phénomène Salah commença de montrer le bout de son nez de sphinx.

Quand Liverpool ouvre son mercato 2017-2018 en acquérant l'Egyptien, l'opération est considérée comme une bonne affaire, mais en attendant mieux. Mieux, il n'y aura pas: Salah à lui tout seul dynamite les défenses, slalome, élimine, tricote, ridiculise, enroule et déroule, semaine après semaine. Avec une rapidité d'exécution qui évoque furieusement Messi. Pas moins. Dans sa façon en tout cas de mettre une défense au complet sur le cul. 36 buts toutes compétitions confondues et la saison n'est pas terminée. Cette fois c'est sûr, Salah est grand.

Le 15 juin prochain un autre rendez-vous attend Mohamed: avec son équipe nationale, il entamera contre l'Uruguay l'épopée de la Coupe du monde en Russie. Dans un groupe qui comprend également la Russie et l'Arabie saoudite. Des adversaires qui, nul doute, en sont déjà à préparer des plans anti-Mo. L'exercice est périlleux. En juin 2013, avant un match de qualification pour la précédente coupe du monde entre le Zimbabwe et l'Égypte, l'entraîneur du Zimbabwe déclare: «Salah est leur meilleur joueur, mais nous avons travaillé sur la façon de le contenir et il ne devrait pas obtenir d'occasions». Résultat: un triplé de Salah assorti d'une passe décisive. Bref, quand cet homme-là s'approche d'une défense, c'est très vite Fort à la Mo.

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