18 septembre 2017

Salzbourg et ses nouvelles attractions créent la surprise

Salzbourg, la ville baroque d’Autriche qui se fait appeler «La scène du monde», ne cesse de se réinventer. Le plein de nouvelles adresses et attractions.

Vue sur la vieille ville de Salzbourg depuis la forteresse de Hohensalzburg – un passage obligé.
Vue sur la vieille ville de Salzbourg depuis la forteresse de Hohensalzburg – un passage obligé.
Temps de lecture 6 minutes

Les bonnes choses prennent du temps: comme Salzbourg est à nouveau privée de vols directs depuis la Suisse, le mieux, le plus écologique, est sans doute d’emprunter le Railjet, qui peut relier Zurich aux 152 000 habitants de la quatrième ville d’Autriche – après Vienne, Graz et Linz – en 5 heures et 23 minutes chrono, sans changement.

Salzbourg vaut plus particulièrement ce détour actuellement, car la ville, ou surtout sa vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997, regorge de nouvelles attractions séduisantes. Parmi elles, l’hôtel-boutique quatre étoiles Goldgasse se situe dans le centre historique de la vieille ville et à quelques pas des principaux sites à découvrir. Ce membre des «Small Luxury Hotels» ouvert au printemps 2015 abrite 16 chambres et suites aménagées avec beaucoup d’originalité. Comme son nom le laisse supposer, l’hôtel est un hommage à la ruelle éponyme formant un arc entre l’Alten Markt et la Residenzplatz, où trône la deuxième plus grande fontaine en marbre d’Europe.

Je suis totalement emballé par les «G'schmackige Touren» à travers Salzbourg: Astrid Zehentmayer passe me prendre pour cette tournée de spécialités créée en 2014. Pour 45 euros par personne (prix global de 250 euros pour 1 à 5 personnes), on flâne trois heures durant d’une adresse culinaire à l’autre dans le décor grandiose de la Salzbourg historique. La fameuse fabrique de liqueurs et de punchs Sporer, de la Getreidegasse 39, impressionne aussi par l’étendue de son choix de vins sur une petite surface. Conseil: demander le Veltliner rouge!

Quelques numéros plus loin, à la Getreidegasse 15, Azwanger vend ses délices depuis 1656, juste à côté de la maison qui a vu naître Mozart – mentionnons entre tant d’autres spécialités le Schilcher, le Gin ou le Marillenbrand (une abricotine) et, pour les amateurs de sucreries, les «Venusbrüstchen» (seins de Vénus), une douceur qui enchantait déjà les papilles salzbourgeoises du temps de Mozart. À la Getreidegasse 38a, le café-bar «Seppo», du nom de son exploitant finlandais, accueille sa clientèle dans une petite cour depuis février 2017. Tout près de là, des huiles et des vinaigres fins mûrissent en fût au «GenussFass» de la Wiener-Philharmoniker-Gasse 3.

La plus petite manufacture de vinaigresdu monde

Astrid Zehentmayer guide ensuite ses accompagnants helvétiques à travers le marché aux légumes de l’Universitätsplatz (ouvert le samedi de 7 à 13 heures), où j’achète une tomate sicilienne rouge-verte irrésistible. Installée depuis peu à la Mozartplatz 5, la Genussmanufaktur Grahammer propose des vinaigres de la plus petite manufacture du monde, du nougat viennois, de la confiture de Salzbourg, des jus bio, des eaux-de-vie, du miel… la liste est interminable. Et dans sa cuisine spectacle, on peut déguster des pestos, des chutneys et des sauces à salade avec un verre de Prosecco. Une dernière adresse pour les plaisirs de la table avec le Klosterladen St. Peter, où des livres sur la vie spirituelle et la religion côtoient des friandises telles que des gelées de fruits enrichies d’encens.

L’Église est omniprésente dans la vieille ville de Salzbourg, formant ainsi le meilleur exemple d’une ville de résidence ecclésiastique au cœur de l’Europe. La cité doit cette situation aux princes-archevêques, souverains tant spirituels que temporels. Pour découvrir leur legs dans la ville de Mozart, il vaut la peine de se munir d’une Salzburg Card. Le DomQuartier somptueux devient alors une véritable tournée de musées (prévoir au moins deux heures). À voir aussi: l’exposition du Panorama Museum, à la Residenzplatz, commémorant 20 ans de présence au patrimoine culturel mondial de l’Unesco.

En traversant le Salzach, on peut par exemple profiter d’une délicieuse promenade dans le Jardin Mirabell. Le mieux est de s’y rendre tôt le matin, avant l’arrivée des centaines de touristes asiatiques qui apprécient beaucoup l’endroit. C’est là aussi qu’ont lieu les Schlosskonzerte Mirabell.

La Kapuzinerberg offre une vue captivante sur Salzbourg

Partons maintenant à la rencontre d’une autre nouveauté: la Kapuzinerberg est une destination de belle petite randonnée offrant une vue captivante sur Salzbourg. Mais c’est aussi et surtout l’écrin du Franziskischlössl récemment rénové. Cette demeure magnifiquement située abrite deux suites entièrement neuves (quatre à partir de 2018), un restaurant avec terrasse et un caveau servant à la fois de rendez-vous de chasse et de magasin de ferme. L’idéal pour passer quelques jours de détente dans un cadre sortant de l’ordinaire, loin de l’agitation quotidienne. Cet ancien bâtiment fortifié figure aussi au patrimoine mondial de l’Unesco. Pendant la journée, Anton Gruber, le maître des lieux, accueille volontiers également des visiteurs pour une simple halte.

Un Genevois tire les ficelles à Salzbourg

De là, une demi-heure de marche en direction du Jardin Mirabell nous conduit vers une véritable institution salzbourgeoise: le Théâtre de marionnettes de la Schwarzstrasse 24, inscrit en 2016 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Pierre Droin, un Suisse romand, y travaille depuis des années comme marionnettiste. C’est toujours un événement émouvant, à tout âge, que de s’installer à l’une des 365 places offertes pour assister à un opéra de marionnettes.

Pierre Droin, de Genève, travaille depuis des décennies déjà au Théâtre de marionnettes de Salzbourg.

Le dimanche, nous prenons un petit-déjeuner à la salzbourgeoise et visitons le café et bar à cocktails Glüxfall, Franz-Josef-Kai 11, donnant directement sur le Salzach. Le choix est immense, à la mesure de la demande – une réservation préalable s’impose.

Après le brunch, nous louons des vélos à la Willibald-Hauthaler-Stasse 10, près de la Mozartplatz, chez le bien nommé «a velo», pour rejoindre Hellbrunn. Quelques minutes déjà après avoir quitté la vieille ville, nous suivons une magnifique allée bordée d’arbres, d’où l’on a d’ailleurs aussi une très jolie vue sur la forteresse de Hohensalzburg.

Hellbrunn est à la fois un château, un parc et des jeux d’eau. Ce palais de plaisance à la périphérie de Salzbourg a fêté son 400e anniversaire l’an passé. Ici aussi, comme en ville, une nouvelle exposition (entrée € 12,50, y compris un guide audio, ou gratuit avec la «Salzburg Card») en présente l’histoire pleine de rebondissements. Il faut absolument voir les jeux d’eau en faisant attention à ne pas se faire tremper par un jet d’eau soudain – c’est un voyage fascinant à travers la Renaissance.

La ville de l'Avent

Mais Hellbrunn a aussi un marché de Noël haut en couleur. Car Salzbourg est la ville de l’Avent. En aucun autre lieu d’Europe on ne célèbre l’approche de Noël avec tant de passion. Nulle part la profusion de magasins, de marchés et de manifestations ne surpasse celle des Salzburger Adventsingen.

Pas question de réaliser un reportage à Salzbourg sans répondre à cette question cruciale entre toutes: où y déguste-t-on les meilleures «boules de Mozart»? Mais c’est surtout une question de goût. Celles de Fürst coûtent € 1,30 pièce et contiennent plus de chocolat, celles de Holzermayr sont plus riches en massepain. À noter que le chocolatier et confiseur Josef Holzermayr se trouve à l’Alter Markt 7, en face de l’hôtel Goldgasse, le point de départ de notre tour.

La Goldgasse compte aussi un restaurant des plus recommandables: le Gasthof Goldgasse, qui propose quelque 40 places depuis juillet 2014. Devise: «heimisches Geniessen im Herzen der Altstadt», qu’on pourrait traduire par «les saveurs du terroir au cœur de la vieille ville». Par exemple: œuf bio poché sur lit de pousses d’épinards, velouté d’asperges, tarte maison aux asperges blanches (au printemps), lavaret du Chiemsee cuit sur pierre de sel, dessert aux fraises. Les plats du chef Nico Wlodarczak (26 ans) et de son équipe de neuf personnes sont régionaux, saisonniers, innovants et très, très savoureux. Et les prix sont très digestes pour des visiteurs suisses – en plat principal, le poisson décrit plus haut coûte € 25,90. En dépit de l’innovation mise à l’honneur ici, le poulet frit à la viennoise reste l’un des plats les plus prisés de la carte.

Les restaurants à tester

Au-delà de ses cuisiniers innovants, Salzburg abrite aussi divers restaurants servant volontiers des plats traditionnels. Mes autres conseils resto: Fideler Affe ou Zum Zirkelwirt (essayer absolument les quenelles aux orties) pour une cuisine bourgeoise autrichienne typique, Carpe Diem Finest Fingerfood à la Getreidegasse ou Mönchsberg 32 pour les gourmets. On trouve le M32 en se promenant le long de la forteresse des hauts de Salzbourg jusqu’au Musée d’art moderne.

Pour qui aime ponctuer un souper d’un bon verre de vin, un pèlerinage au Wein & Co s’impose. Le local de vente et le bar y sont très fréquentés pendant le week-end – il est difficile d’y dénicher une place. Il vaut donc mieux réserver ou arriver assez tôt dans la soirée. À la vôtre!

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