21 mars 2018

T’as une série à me conseiller?

La chronique de Sandrine Viglino, humoriste.

Sandrine Viglino
Sandrine Viglino, humoriste.

Quand j’étais petite, regarder la télévision c’était sacré et sportif! Pour zapper, on devait se lever du canapé, et aller sur la télévision appuyer un des trois boutons. Y avait que trois chaînes! Même chose pour le volume: si Catherine Wahli criait trop fort, il fallait se relever pour tourner le bouton. J’attendais impatiemment le samedi soir pour regarder MA série: Belle et Sébastien en noir blanc. Surtout blanc pour Belle. Je continuais ma soirée avec Scachia… Sachhia, Scaccia… les dessins animés en italien. Belle et Sébastien c’est la première série qui m’a fait pleurer, quand Belle part et… en fait je préfère ne pas en parler (c’est le scénario qui me faisait pleurer, pas la qualité de la série comme parfois maintenant). Le lundi soir, je devais aller au lit quand le générique de Spécial Cinéma commençait. J’avais juste le temps de voir les gros yeux de Christian Defaye sermonner Claudette.

Puis les chaînes françaises sont arrivées en Valais, en même temps que la télécommande, vers 1987. Mais on eu le droit de vote des femmes avant toute la Suisse… enfin presque. Et ils ont commencé à exagérer avec la durée des séries: Santa Barbara, 2137 épisodes. J’en ai loupé un seul. Le dernier. Je ne sais toujours pas comment ça finit. Comme j’ai oublié comment ça commençait, pas si grave. Loin du record des 12 000 épisodes en 47 saisons de la série Des Jours et des Vies.

Ce qui rendait précieux les séries avant, c’est qu’on devait attendre la suite. Une semaine de stress pour savoir si Sébastien allait retrouver Belle. Mais en fait il… non, je préfère ne pas en parler.

Aujourd’hui avec Netflix, je ne sais plus quoi choisir. J’ai l’impression d’être devant le menu d’une pizzeria qui propose 345 «piatti de la casa», dont 112 versions de la Margherita. Si on a gagné en diversité, on a perdu en suspense. En un week-end on peut se faire les 7 saisons de Game of Thrones, sans quitter le canapé. Et après on doit aller faire de l’exercice au fitness.

Bientôt, les nouveaux systèmes nous proposeront des séries en analysant ce que nous aurons aimé. Moi ils vont me proposer Pirmin et Sébastien organisent les Jeux olympiques en Valais. Une fiction que je suivrai assidûment, même que je connais déjà la fin… mais je préfère ne pas en parler.


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