8 octobre 2017

Bien prendre soin de ses pieds

La saison des sandalettes est définitivement derrière nous. Toutefois, ce n’est pas une raison pour négliger nos pieds. Une visite chez la pédicure ou le podologue peut s’avérer utile.

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Encore trop de pieds sont négligés! (Photo: Getty Images)

Samuel Moser étouffe un rire lorsque Gisela Warthmann enlève la corne de ses pieds au moyen d’une fraise diamantée. L’homme de 79 ans est chatouilleux. Pour Gisela Warthmann, pédicure depuis douze ans, les pieds laids, ça n’existe pas. «Il n’y a que des pieds qui souffrent.» Elle en voit beaucoup l’été dans des sandales. «Lorsque l’on arrive à arranger les choses par des soins, c’est une satisfaction.»

Le traitement débute par un bain de pieds tiède aux herbes. Puis Gisela Warthmann façonne les ongles et les cuticules à l’aide d’une ponceuse à ongles électrique munie de différentes fraises – rondes, pointues ou coniques. «Il s’agit d’éliminer en douceur les petites callosités.» Elle utilise également des pinces, des limes et un outil spécial qui lui permet de nettoyer méticuleusement les sillons unguéaux. De temps en temps, elle pulvérise un spray désinfectant à la propolis et comble les anfractuosités au moyen d’une pâte correctrice durcissante.

«Chaque pied est unique et passionnant», estime l’experte de 66 ans pendant qu’elle traite en profondeur chaque orteil, chaque ongle et chaque callosité. Avec l’âge, le pied s’affaisse, ce qui modifie souvent les points de pression et accroît la formation de corne. Des fissures et des crevasses peuvent également apparaître. «Une pédicure qui ne dure qu’une demi-heure, ce n’est pas normal, alerte la spécialiste. Un soin de qualité prend au moins 50 minutes.»

Une vraie formation

Au bout d’une heure environ, le traitement s’achève par un massage des pieds avec un gel rafraîchissant. «Ne vous arrêtez surtout pas!», s’exclame Samuel Moser, qui apprécie visiblement de se faire dorloter.

Cela fait cinq ans que Gisela Warthmann préside en Suisse alémanique la Schweizerischer Fusspflegeverband (SFPV). Elle fait grand cas du diplôme de l’association, car il requiert «des connaissances, un savoir-faire et une main sûre, ce qui ne s’acquiert pas en un week-end». Une pédicure professionnelle nécessite au moins 100 heures de formation, auxquelles s’ajoute le perfectionnement, par exemple en massage des pieds.

Les podologues diplômés suivent même un apprentissage de trois ans. Contrairement aux pédicures, ils peuvent également effectuer des traitements médicaux et soigner des patients à risque, atteints de diabète, de troubles circulatoires ou de rhumatismes.

Avant la première séance, le patient remplit un questionnaire médical: prend-il des anticoagulants? Souffre-t-il d’allergies ou de problèmes de circulation? Autant d’éléments qui peuvent s’avérer essentiels.

«Il est important, par exemple, que les bords des ongles ne soient pas saillants», indique Lea Kurmann, qui exerce comme podologue depuis neuf ans et porte toujours un masque, à cause de la poussière. Elle commence par couper les ongles de sa cliente avec une pince. Puis elle ponce légèrement les bords à l’aide d’une fraiseuse à eau. La règle consistant à tailler droits les ongles des pieds ne s’applique pas à tout le monde. «Exceptionnellement, le podologue doit les arrondir afin de suivre la courbe du lit unguéal», explique Lea Kurmann.

Elle se sert avant tout d’une pince à envies et d’un scalpel pour enlever la corne et les cuticules situées au niveau du sillon unguéal. Pour la touche finale, elle utilise une lime.

L’un des ongles de sa patiente de 85 ans est plus épais que les autres. «Nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’une onychomycose. Or, les ongles épaississent souvent avec l’âge», précise Lea Kurmann. Pour finir, elle dépose une goutte d’huile essentielle d’arbre à thé sur les ongles.

Psychologie et hygiène

Elle montre ensuite comment traiter un cor de manière professionnelle: une goutte d’alcool permet de bien repérer la zone calleuse centrale, qui sera retirée avec soin. Lea Kurmann applique ensuite un pansement, que la cliente devra garder environ trois jours. Un peu de mousse sur mesure pour soulager la zone touchée, de la pommade, une bande de gaze. «Le pansement ne doit pas être trop ajusté sous peine de rester en place plusieurs semaines», affirme Lea Kurmann. En effet, certains patients âgés ne peuvent plus se baisser pour l’enlever.

D’après la spécialiste, si la part de seniors est élevée au sein de sa clientèle, un nombre accru de personnes plus jeunes ont sollicité son aide ces dernières années. Pourtant, encore trop de pieds sont négligés. «C’est souvent éprouvant pour moi de croiser dans la rue des orteils malmenés.»

Les ongles incarnés constituent un problème fréquent. Dans ce cas, la podologue peut placer une orthèse unguéale. Une technique éprouvée consiste par exemple à poser sur l’ongle une orthèse en titane qui va relever légèrement ses bords, les empêchant ainsi de pénétrer dans les chairs.

Selon la jeune femme de 29 ans, le métier de podologue requiert «aussi une certaine dose de psychologie». Souvent, les patients dévoilent une partie de leur intimité durant le soin.

«Puis-je encore vous bichonner?», demande Lea Kurmann à sa patiente en fin de séance. Celle-ci se laisse volontiers masser les pieds avec une crème moussante. Puis l’experte consigne les éléments essentiels dans le dossier médical.

Tant les podologues que les pédicures accordent une grande importance à l’hygiène: Gisela Warthmann et Lea Kurmann soulignent que le nettoyage, la désinfection et la stérilisation des instruments sont obligatoires. Et toutes deux s’accordent à dire qu’elles exercent un métier d’avenir.

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