5 mars 2020

Faire ses semis, le bon plant !

Légumes, fleurs mellifères ou aromatiques, on peut tout faire pousser. Pour le plaisir de voir percer la graine et de récolter les fruits. Quelques astuces pour réussir ses plantations

Illustration: IStock
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Pour autant que l’on ait un coin de jardin ou un balcon et l’aventure des semis peut commencer.  Jamais touché une graine ? Pas grave. En suivant quelques règles, on peut découvrir le plaisir de voir grandir une plante, à condition d’éviter l’erreur de l’impatient: ne jamais faire des semis précoces en pensant récolter plus vite les fruits. «Avant mi-mars, cela ne sert à rien, les plantes ne feront que s’étioler ou arriveront au stade du repiquage quand les températures extérieures sont encore trop fraîches», explique Jean-Pierre Masclet, arboriculteur en charge de l’association Cartons et jardins du cœur d’Yverdon et surtout fidèle chroniqueur de  Monsieur Jardinier sur la RTS, une émission qui fête ses quarante ans cette année. Très facile pour débuter: la ciboulette. En trois semaines, elle pointe son nez et en juin on peut la déguster!

En pot ou en pleine terre?

Fleurs annuelles ou plantes aromatiques, l’idéal est de les semer d’abord en terrines. Bac en terre cuite, plaque de culture, boîte à œufs, pot de yaourt (percé !), peu importe le flacon pourvu qu’on ait le bon terreau. Car tout est là: pour bien démarrer, mieux vaut prendre un terreau spécial semis, très léger, qui filtre bien l’eau. «Les graines ne supportent pas la stagnation d’eau. S’il y a trop d’humidité, elles pourrissent avant de germer», prévient monsieur Jardinier. On prendra soin de disposer les douces graines sur le terreau et de les saupoudrer légèrement, sans les enfoncer. Bon à savoir: plus la graine est petite, moins on met de terreau par-dessus. Ainsi une graine bien cossue de haricot supporte 4 à 5 cm de terre, tandis que pour une légère graine de cosmos, 2 mm suffisent. Ensuite, damer légèrement la surface pour que la graine soit bien au contact avec le substrat. Et couvrir avec un dôme.

A partir du mois d’avril, quand la terre s’est réchauffée, on peut lancer à la volée les semis de fleurs mellifères (sauge des prés, hysope, millepertuis, centaurée, etc.) directement en pleine terre. Oui, mais gare à l’erreur du paresseux: il faut que la terre ait d’abord été préparée, retournée et affinée au râteau. Un petit voile de protection peut être tendu au-dessus des semis, lequel fera tampon entre les températures diurnes et nocturnes, tout en protégeant la nurserie des prédateurs. Effet jardin fleuri garanti, pour attirer abeilles et papillons.

Arrosage moderato

Quand les graines sont dans leur lit, reste le point capital de l’arrosage. Il vaut mieux mettre le pot dans un récipient avec de l’eau (bac ou évier) et laisser celle-ci monter par capillarité, plutôt que de donner un agressif coup  d’arrosoir, qui viendrait déranger les graines dans leur berceau. Le vaporisateur fera ensuite très bien l’affaire pour garder le terreau légèrement humide. «Il faut être très délicat, il s’agit de petites graines, vivantes. Quand on coupe leur dormance, tout un mécanisme se met en route, qu’il faut savoir accompagner.» Ne pas oublier d’aérer de temps à autre les semis sous abri…

Repiquer au bon moment

Chaque plante a sa vitesse de croissance. Sous abri, on compte quinze jours en moyenne pour que la plante pointe son nez. Et il en faut dix de plus avant le repiquage. Pourquoi? Parce que les plantons poussent généralement trop serrés et risquent de jouer des coudes sans pouvoir se développer. D’où l’importance d’éclaircir et de repiquer les plus résistants dans un contenant plus grand ou en pleine terre, dès qu’ils ont deux feuilles (à ne pas confondre avec les cotylédons), en les espaçant alors de cinq centimètres. C’est aussi le moment de choisir un terreau plus consistant, mais sans tourbe (celui pour les géraniums convient très bien).

Récolter les graines

Il est toujours possible de récolter les graines des plantes annuelles (rudbeckia, zinnia, tournesol, etc.) que l’on a vu grandir et que l’on a aimées. Mais il faut les laisser mûrir sur la plante et les récolter quand elles sont bien sèches et non humides de rosée par exemple. Il suffit ensuite de les conserver dans une enveloppe, au sec et à l’ombre dans une boîte en fer pour passer l’hiver. Info utile: «Les plantes issues de croisement entre deux variétés, appelées hybrides F1, donneront des graines, dont les plantes n’auront pas les mêmes caractéristiques que les premières.» Mieux vaut choisir des semences bio…

Le regrow, kesako ?

Grande mode urbaine, le regrow est surtout un autre nom donné au bouturage et autres astuces de jardinier. Remettre un trognon de laitue en terre? C’est possible. La salade refera quelques feuilles, de quoi nourrir le hamster plutôt que la famille. De même, des bouts de patate ou de gingembre peuvent être remis en pot… Il en sortira sans doute de nouveaux plantons pour la première et une jolie plante exotique, essentiellement décorative, pour le deuxième. Les herbes aromatiques vivaces, thym ou romarin, peuvent aussi se bouturer. Pour autant que l’on choisisse une tige déjà un peu boisée, puis taillée en biseau, que l’on enlève toutes les feuilles du bas et que l’on plonge la plantule dans un verre d’eau. Ne reste plus qu’à attendre les racines.

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