7 juillet 2017

L'ancienne trapéziste a pris sa revanche sur le mauvais sort

Aujourd’hui paraplégique, Silke Pan multiplie les records sportifs avec son handbike. Tour de roue à Aigle (VD).

Silke Pan s'entraîne avec le vélo à bras le long du Rhône.
Temps de lecture 3 minutes

Deux biceps tatoués qui explosent de muscles et un regard rieur. Qu’on ne s’y trompe pas: derrière le sourire charmeur se cache un moral d’acier et une envie de vivre à 200%. Silke Pan, 44 ans, a perdu l’usage de ses jambes, mais pas sa force mentale. Cette artiste de cirque, spécialisée dans la contorsion et le trapèze, a vécu quinze ans de son art sous les chapiteaux de toute l’Europe.

Jusqu’au drame, en 2007. Chute libre pour la voltigeuse lors d’un entraînement. Traumatisme crânien, multiples opérations. Le réveil est douloureux: elle se retrouve paraplégique. Elle a 34 ans, un rêve écrasé par terre, deux jambes en moins, des vertiges et une chaise roulante à apprivoiser. «Moi qui n’étais pas du tout sédentaire, qui avais toujours vécu en caravane, hyperactive, tout à coup, j’étais forcée de vivre assise.»

Mais, philosophie de vie, Silke Pan a toujours un plan B: à peine sortie de l’hôpital, elle s’achète un handbike. Pour «ne pas devenir une poupée de chiffon». L’esprit de compétition ne tarde pas à revenir: en une centaine de courses comme athlète licenciée, elle décroche huitante-cinq podiums et une cinquantaine de médailles d’or. Aujour­d’hui, entre deux conférences sur la résilience, elle se lance des challenges aventure. Elle vient de boucler l’ascension du mont Ventoux, trois fois en trois jours. «Les défis, ça m’ouvre des chemins, plutôt que des voies sans issue.»

8h00 Tout fruits

«Le matin, je ne mange que des fruits, parce que c’est un aliment qui se digère facilement et qui aide à éliminer les toxines de la nuit. Par ailleurs, il est préférable de manger les glucides le matin, le métabolisme étant plus actif en première partie de journée. Une bonne façon d’éviter d’accumuler les bourrelets.»

9h00 Univers ballons

«Avec mon mari Didier Dvorak, on a lancé Canniballoon il y a une dizaine d’années, en pensant déjà à notre retraite de trapézistes. En tant qu’artistes décorateurs, on fait de la sculpture sur ballon, on organise des décors gigantesques, on se déguise pour les fêtes sportives ou tout autre événement.»

13h00 Femme 2.0

«Je collabore avec l’EPFL pour le perfectionnement de l’exosquelette depuis juillet 2016. Cette technologie permet de faire retravailler la connexion cerveau et bas du corps. L’exosquelette permet aussi de retarder la déformation des articulations que les paraplégiques n’utilisent plus. C’est un vrai espoir.»

16h00 Handbike

«Chaque jour je m’entraîne avec le vélo à bras le long du Rhône entre une heure et une heure trente. Je me fixe des défis pour garder la motivation de relever la tête, rester en bonne santé et garder ma joie de vivre.»

18h00 Position du lotus

«Je pratiquais le yoga déjà avant l’accident. Je continue, mais c’est davantage pour favoriser la méditation plutôt que pour équilibrer la musculature. Ça m’aide à me remettre dans un état positif, à retrouver ma force intérieure.»

20h00 Carnet de route

«Je travaille sur un livre en forme de carnet de route, qui retracera l’ascension des treize cols alpins que j’ai franchis l’année dernière, avec une rencontre à chaque sommet. Il y aura aussi une partie autobiographique. Une fois qu’on a trouvé un moment de tranquillité, écrire n’est pas difficile. C’est comme une méditation, on va à l’intérieur de soi.»

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