28 mars 2019

Un détective paré d’un crayon

De New York à Bienne, sa ville de cœur, le jeune illustrateur Simon Beuret croque l’aventure au coin de chaque rue. Invité au festival Fumetto à Lucerne, il y présente les premières pages de sa prochaine bande dessinée.

De New York à Bienne, sa ville de cœur, le jeune illustrateur Simon Beuret croque l’aventure au coin de chaque rue. Invité au festival Fumetto à Lucerne, il y présente les premières pages de sa prochaine bande dessinée.
Simon Beuret est encore en train de peaufiner «Eye contact», une odyssée urbaine contemporaine. (Photo: Mathieu Spohn)
Temps de lecture 3 minutes

L’air affable et les cheveux un peu fous, Simon Beuret, 27 ans, nous reçoit à Bienne dans son atelier situé sur un ancien stade de football transformé en espace associatif et qui s’avère être un vrai repaire de créatifs. Sa table de bureau est submergée de papiers et de livrets sur lesquels figurent des milliers de visages et de silhouettes. Tous ces personnages semblent animer l’espace telle une foule silencieuse. Sur un mur sont accrochées les planches de dessin de la bande dessinée qu’il prépare pour le festival Fumetto à Lucerne: Eye Contact est une odyssée urbaine où le héros part sur les traces d’une mystérieuse fille qui disparaît alors qu’il est en train de la dessiner dans son carnet.

Pour moi, le dessinateur est un observateur

Simon Beuret

«La ville bouillonne d’êtres humains, c’est un réservoir d’imaginaire infini.» Berlin, Mexico, New York ou Bienne, carnet à la main, il griffonne chaque détail qui accroche son regard: un chapeau, un collier, une pose ou un regard en coin. Tout est sujet à être dessiné.

Un talent précoce

Le diplômé en illustration de l’école d’art de Lucerne a toujours été attiré par la bande dessinée. «Je suis un grand amateur de ce type de livres. J’ai grandi en lisant Petzi et Tintin puis Corto Maltese. Plus tard j’ai découvert les œuvres d’auteurs comme Blutch ou Christophe Blain. Ma soif n’a cessé de grandir, raconte-t-il. J’ai écrit ma toute première histoire vers l’âge de 7 ans. C’était les aventures de Rastagent, un agent secret anarchiste qui portait des dreadlocks.» Aujourd’hui, le rêve est devenu réalité, notamment grâce à Fumetto. «Fumetto est un événement particulier avec un très haut niveau. C’est aussi le plus important rendez-vous de ce genre en Suisse.» Chaque année, le festival invite un jeune artiste à exposer au milieu des pointures du domaine. Cette vitrine constitue un vrai tremplin pour les jeunes professionnels. «Je vais présenter les 40 premières pages de la BD de 120 pages que je ferai éditer ensuite», explique le dessinateur.

Inspiré de vrais détectives

L’histoire d’Eye contact se déroule comme une filature, un élément en entraînant un autre. À l’instar de son héros, alter ego mi-dessinateur, mi-enquêteur, Simon Beuret est fasciné par le potentiel narratif de la vie. «Chaque personne transporte une histoire. Quand on la suit, elle évolue devant nos yeux», détaille-t-il. Durant ses études, afin de pousser plus loin cette recherche, il s’est renseigné auprès de détectives professionnels sur la bonne conduite d’une filature. «C’est captivant de se dire que l’aventure se passe au coin de chaque rue.»

Chaque personne transporte une histoire. Quand on la suit, elle évolue devant nos yeux

Simon Beuret

Observateur de la rue, le dessinateur se veut également le marqueur d’une époque et de ses symboles. Simon Beuret aime jouer avec les images-clés. Il truffe ses dessins de clins d’œil. Jeux de cour de récré, vêtements, coiffures à la mode et autres références connues de toute une génération jalonnent le récit et se laissent saisir par qui peut. «Certains éléments doivent rester un peu énigmatiques. Je ne souhaite pas prendre le lecteur par la main. Le mystère doit absolument conserver sa place et surprendre le lecteur à chaque fois», conclut le jeune
illustrateur et futur bédéiste.

Suivez Simon Beuret sur www.simonbeuret.ch ou sur Instagram @the_oobserver

Benutzer-Kommentare

Articles liés

Aller au bout de ses rêves

Témoin à charge

«Les égocentriques ne font pas de bons solistes»

Voix nomade