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Où tu veux, quand tu veux!

La chronique Sandrine Viglino.

J’ai regardé des dessins animés en italien le samedi soir, j’ai vu le premier épisode de Santa Barbara, j’ai regardé Belle et Sébastien en noir-blanc, pour mon premier téléphone j’ai hésité entre un Nokia 3310 ou un Ericsson T610, ma première adresse mail était chez WorldCom et j’ai connu Recrosio quand il faisait de l’humour et pas de l’excellente saucisse. Bref j’ai dépassé les 40 ans MAIS je suis restée jeune. La preuve: je viens de m’abonner à la «Video on Demand»*

Avant, quand je voulais me divertir, je prenais un livre, et je lisais dans mon lit jusqu’à ce que je tombe de sommeil… Deux-trois pages. Maintenant je regarde une série jusqu’à ce que je tombe de sommeil… Deux-trois saisons. Autant dire que je manque de sommeil!

Mais il y a des avantages, j’améliore mon anglais, car je regarde en VO… (et je ne lis presque pas les sous-titres).

L’avantage de la Video on Demand, c’est qu’on n’a plus besoin d’attendre une semaine pour le prochain épisode. On peut rester tout le week-end avachi sur son lit et regarder toute une série à la suite. Les douze saisons. On peut même sauter le générique. Quel gain de temps. Le service explique également la théorie d’Einstein sur la relativité du temps. Quand je suis dans un train en mouvement en train de regarder une vidéo, mon temps n’est pas le même que celui d’un homme debout sur le quai qui regarde passer le train.

Avec cette nouvelle technologie, on peut avoir tout et tout de suite. Et du coup, on ne connaît plus la frustration. Quand j’étais jeune, on apprenait la patience grâce à la VHS: avant de regarder un film, il fallait rembobiner, et aussi grâce à la fondue bourguignonne: avant de manger il fallait attendre deux minutes entre chaque bout de viande! Aujourd’hui, lorsque je mange une fondue j’utilise deux fourchettes sur lesquelles je mets quatre morceaux. Je ne suis plus capable de contrôler mon impatience. Je ne supporte plus la frustration. C’est la videoondemandisation de la société.

Personnellement, j’ai opté pour l’abonnement pour un seul écran. Cela signifie que je dois regarder la même série que mon copain, en même temps que lui. Moi ça m’apprend la négociation et la manipulation, et lui a appris la frustration et la patience!

* Pas parce que je veux devenir honnête, mais parce que mon site de téléchargement illégal a fermé.

Texte © Migros Magazine – Sandrine Viglino

 

Publié dans l'édition MM 20
15 mai 2017

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1 Commentaire

Muriel Nydegger

Ecrit il y a
2 semaines, 2 jours

Super idée les deux fourchettes à Bourguignonne ! Faudra que j'essaie ! ;-) :-D)))

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