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Amour: les animaux à la parade

Décidément généreuse et fascinante, la nature ne manque pas non plus d’imagination en matière de séduction animalière. Ou quand nos amies les bêtes ne ménagent pas leurs efforts pour conclure.

L’hippocampe

Juste avant de s’accoupler, mâle et femelle de ces curieux chevaux marins (d’où le préfixe «hippo») exécutent ensemble un joli ballet aux allures de valse viennoise. Dans des mouvements où la lenteur le dispute à la grâce, ils tournent sur eux-mêmes, s’inclinent et se redressent de concert. A noter qu’il existe une cinquantaine d’espèces d’hippocampes vivant en eaux tropicales et tempérées.

Le paon

Là, c’est un mythe qui s’effondre. La magnifique roue déployée par le paon pour séduire la femelle est un grand classique. Darwin l’a même prise comme exemple pour démontrer l’hypothèse selon laquelle la sélection sexuelle peut s’effectuer sur la base d’attributs censés démontrer l’individu le plus apte à la reproduction. Mais selon certains chercheurs, la paonne ne se montre guère captivée par cet impressionnant déploiement, regardant ses pattes quand ce n’est pas ailleurs. Heureusement que cette queue de près de 300 grammes n’a aucune conséquence fâcheuse sur la capacité du paon à décoller et voler. Ouf.

Le grèbe huppé

Sa parade nuptiale vaut le détour. Véritable fête à l’amour, elle peut se poursuivre jusque pendant la construction du nid. Face à face, mâle et femelle dressent la tête et la secouent de concert, les plumes de la double huppe et de la joue érigées. Puis, ils nagent côte à côte, en se frottant le cou et en poussant des cris sonores. Ils batifolent, plongent et réapparaissent ensemble parfois avec des algues dans le bec, avant de se dresser poitrine contre poitrine dans l’eau, tournant la tête de droite et de gauche.

L’albatros

Baudelaire a chanté l’envergure épatante de ses ailes de géant, mais le poète français n’a rien dit de la véritable chorégraphie dans laquelle se lance l’albatros lors de la saison des amours pour convaincre son élue. En fait, il s’agit plutôt d’une parade commune qui se répète inlassablement entre deux oiseaux formant un couple inséparable (on dit qu’il y a zéro divorce chez l’albatros). Chorégraphie aérienne mais aussi sur terre, de façon pourtant moins majestueuse, entre gloussements et tendres coups de becs.

La marmotte

Monsieur marmotte choisit avec soin un site riche en nourriture (avant tout des plantes, racines et fleurs) pour y attirer les femelles. Comme la plupart des mammifères vivant en groupe, ce sont les mâles dominants qui ont les faveurs des femelles, car considérés comme les plus aptes à défendre leur progéniture en cas de problème. La parade nuptiale commence une à deux semaines après la sortie de l’hibernation, en général mi-avril, mais la femelle ne fait des petits qu’une année sur deux. Le couple sautille alors face à face en se gratifiant de petites tapes amicales. A noter que chez les marmottes, qui vivent une quinzaine d’années, la maturité sexuelle est atteinte à 3 ans, et que le terrier est fermé aux visites par madame dès la naissance des petits et jusqu’à leur première sortie, quelques semaines plus tard.

Le phoque à capuchon

Pour plaire à sa belle, le phoque à capuchon fait dans l’éprouvé: il gonfle son bel organe pour épater la galerie. Sauf que chez lui, ce sont les narines qui vont travailler. A la saison des amours, le mâle fait enfler la petite membrane qui pend entre les yeux et devient comme un ballon.

Le cerf

Pas facile pour le cerf de conserver les faveurs des femelles du groupe. L’automne venu, période de rut, les cerfs éliminent les jeunes prétendants en marquant (en urinant, quoi) aux quatre coins d’une jolie clairière. Puis commence une véritable joute vocale dont le but est de montrer à ces jeunots que les vieux en ont encore sous la patte. Ou plutôt dans les bois, certains devant joindre le geste au chant. Parvenant à faire descendre le larynx au fond de la gorge, le mâle augmente les fréquences graves, synonyme comme chacun sait de grande virilité. La science a, paraît-il, prouvé que le brame provoquait même l’ovulation des femelles.

Le manakin

Le manakin à cuisses jaunes (et tête rouge), charmant petit volatile d’Amérique centrale, n’a pas que sa panoplie colorée à offrir pour séduire. La compétition étant apparemment féroce pour séduire une Madame toute de vert vêtue, voici Monsieur obligé de battre des ailes pour attirer l’attention puis d’entamer un moonwalk latéral, avec des pas glissés sur sa branche dans les deux sens. Hélas, il semble que la femelle manakin privilégie le plus endurant et pas forcément le plus artistique.

La demoiselle

Les demoiselles sont une espèce cousine des libellules, mais plus petites et fines, avec des ailes repliées au-dessus du corps au repos. Mais alors que chez les libellules, les mâles n’hésitent à se battre violemment pour conquérir l’élue de leur coeur, le romantisme prévaudrait plutôt chez les demoiselles. Occupant un petit territoire le long d’un cours d’eau, le mâle vient ainsi voler quelques instants aux côtés d’une femelle passant par hasard dans le coin. Pour la séduire, il rase la surface de l’eau, ajoutant une coloration des ailes qui évoque aussi bien ses propres capacités reproductives que les bienfaits de son territoire. Si la femelle se montre réceptive à l’étalage de tant de qualités, le duo s’accouplera alors en un vol qui peut durer plusieurs heures, et formera un cœur en courbant l’extrémité des deux corps.

Texte © Migros Magazine - Pierre Léderrey

 

Publié dans l'édition MM 7
13 février 2017

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