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Jonathan Nott, un maestro allegro

Entre passion musicale et méditation, le Britannique Jonathan Nott a pris la direction de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR). Avec finesse, sincérité et conviction.

Une vie sans fausse note

Penché en avant, le souffle puissant et cadencé, il vit la musique avec tout son corps. Comme s’il tenait Schubert, Schoenberg, Mahler à pleines mains…

La musique est une sorte de méditation, un mélange de spiritualité, d’architecture, d’inspiration et de risque»,

dit Jonathan Nott, chef d’orchestre britannique. A 54 ans, il est comblé: il vient d’accepter la direction de l’OSR (Orchestre de la Suisse romande) à Genève. Avec le sourire.

Il faut juste être assez courageux pour ouvrir les portes devant nous et prendre des risques. Je n’ai pas de plan de carrière.»

Bien sûr, Jonathan Nott au nom prédestiné aime la musique depuis l’enfance. D’abord le piano à 5 ans, puis la flûte. Il entre dans un chœur à 7 ans, passe tout son temps libre à chanter dans la magistrale cathédrale de Worcester. Après des études de musicologie, très vite il multiplie les directions d’orchestre. A Londres, Munich, Paris...

Mais depuis janvier, il partage sa vie entre Genève – quatorze semaines par année – Tokyo et la Junge Deutsche Philharmonie de Francfort. Son temps libre? Celui qui «n’a jamais de silence dans la tête» le consacre à sa famille, installée à Lucerne, ses trois enfants, sa Lamborghini, mais n’écoute pas beaucoup de musique pour le plaisir.

Ça devient vite du travail, parce que je ne peux pas m’empêcher d’analyser comment c’est construit!»

Une journée avec Jonathan Nott

Jonathan Nott pratique le reiki depuis huit ans.

6 h 00: séance de reiki
«Je commence la journée avec un double expresso et une séance de reiki! Depuis huit ans que je pratique, je sens que j’ai beaucoup plus d’énergie. C’est une forme de méditation, qui m’a guéri, changé en profondeur.»

Répétition au Victoria Hall

10 h 00: répétition au Victoria Hall
«Mon travail est de permettre une atmosphère où chaque musicien peut donner le meilleur. J’invite chacun à s’exprimer, tout en donnant la structure et l’inspiration. Avec l’orchestre, on est une famille, ce n’est pas qu’un job. En musique, on se parle d’âme à âme.»

Pour Jonathan Nott, diriger, c'est conduire l'énergie des autres.

11 h 00: expérience totale
«Le but de la musique est de soigner le monde, c’est une expérience totale qui vous transforme. Diriger un orchestre demande beaucoup d’énergie, si je donne la mienne, je m’épuise. Alors je conduis l’énergie des autres, comme un courant, je déplace les sons. La musique qui coule doit avoir la puissance d’un Titanic et la fluidité d’un jet d’eau.»

Jonathan Nott est toujours accompagné des ses partitions quand il voyage.

14 h 00: partitions
«Je voyage toujours avec mon sac noir et mes partitions. Je peux travailler à l’hôtel, dans le train, partout. Quand j’analyse une œuvre, je mets des couleurs pour délimiter les thèmes, les groupes d’instruments et trouver l’arc qui traverse le tout. Une partition, pour moi, c’est comme lire un livre à travers le brouillard.»

Jonathan Nott est toujours en dialogue avec ses musiciens.

18 h 00: derniers accords
«Avec mes musiciens, je discute d’une fausse note ou de la manière de donner un coup d’archet. Quand on est 3e clarinette ou 2e violon, on ne peut pas avoir une vue d’ensemble. Avant le concert, je leur dis aussi dans quelle couleur on va jouer. J’essaie de ne jamais refaire deux fois la même chose.»

Se reconnecter avec le ch'i donne à Jonathan Nott la sérénité dont il a besoin avant le concert.

19 h 00: en loge
«Avant d’entrer en scène, je me reconnecte avec le ch’i, l’énergie universelle. J’essaie d’être le plus ouvert, le plus calme possible. Quand je visualise que tout se passera bien avec les musiciens, le concert est réussi. Sinon, ça ne donne rien.»

Texte: © Migros Magazine / Patricia Brambilla

 

Publié dans l'édition MM 16
18 avril 2017

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Editorial

Ecoute, c’est du Mozart

Pierre Wuthrich, rédacteur en chef adjoint de Migros Magazine.

«Je n’aime pas la musique classique. C’est pour les riches, les snobs, les vieux.» Combien de fois ai-je entendu cette remarque et combien de fois me suis-je vu y rétorquer un «Faux, faux et encore faux», teinté d’une perplexité certaine. Il est vrai qu’à mes yeux le Requiem de Mozart et les concertos de Chopin pour piano sont des œuvres intemporelles, dont la modernité me surprend chaque fois que je les entends. Le fait qu’elles aient traversé les âges prouve d’ailleurs le génie de leur auteur. Mais reprenons l’argumentaire.

Un billet de concert, c’est cher… Oui, bien sûr, le prix peut être élevé. Mais sur scène ou dans la fosse, voici des dizaines d’artistes qu’il faut bien payer. Par ailleurs, la somme déboursée n’est pas plus forte que celle qu’il faut mettre sur la table pour voir Beyoncé ou Ronaldo. Et puis, le plaisir que procure un concert réussi se prolonge bien au-delà des derniers applaudissements. J’ai par exemple souvenir d’un récital miraculeux à Neuchâtel. La soprano Edita Gruberová y était sublime. C’était il y a près de vingt ans et je ressens encore l’énergie qu’elle avait alors transmise...

Le classique, c’est pour l’élite… Pas d’accord! Les supporteurs de foot chantent dans les stades à tue-tête Verdi (peut-être sans le savoir il est vrai). Gainsbourg a copié/collé Brahms et Chopin dans ses titres. Et Schubert ou Rachmaninov n’en finissent pas d’habiller des publicités. Oui, le classique est partout.

Dans les salles de concert, il n’y a que des vieux… Certes, en Suisse, le public n’est pas de première jeunesse. A Berlin ou à Vienne pourtant, les jeunes vont à l’opéra avant de finir leur soirée en club. A nous donc d’intéresser les ados au classique. Commençons par des œuvres faciles que l’on écoutera avant le premier coup de baguette et faisons de la soirée un instant de fête.

Dans les grandes villes, comme à Genève où l’immense Jonathan Nott dirige désormais l’Orchestre de la Suisse romande, mais aussi dans les localités plus modestes, l’offre en Suisse est d’une richesse incomparable. Profitons-en et faisons vivre notre patrimoine européen.

Un objet

La main

«J’ai reçu cette main articulée d’un ami à Londres.

Elle symbolise mon travail: je peux déplacer l’énergie, tenir les sons simplement avec mes mains.

Cet objet, même si je ne l’utilise pas, je l’aime beaucoup. Je l’emporte partout avec moi.»


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1 Commentaire

Nathalie Rochat-Magnenat [Invité(e)]

Ecrit le
13 avril 2017

Magnifique exemple à suivre. Au plus profond de mon âme je me nourris de la même énergie universelle. Nous sommes tous reliés les uns aux autres et tout est possible à qui croit.

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