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La riposte des banquiers

La profession n’a pas bonne réputation. Elle est accusée d’une bonne partie des maux de la Terre: évasion fiscale, secret bancaire, renflouement avec de l’argent public, réticence à toute réglementation, managers aux salaires démesurés... Le temps est peut-être venu de donner la parole à la défense.

«Même les irréductibles ont compris qu’il ne fallait pas rester en Suisse pour se cacher»

Jan Langlo, directeur de l'Association de banques privées suisses.

Genève, synonyme de secret bancaire à des fins d’évasion fiscale, d’affaire Cahuzac et autres? Jan Langlo balaie le cliché: «C’est vraiment le passé, l’ancienne façon de travailler, avant les changements de standards internationaux. J’ai l’impression que le public l’a bien compris. A Genève encore plus qu’ailleurs, les banques contribuent au bien-être de l’économie en général. Avec les activités annexes – négoce, fiduciaires, avocats, certification – le secteur représente presque 50% du PIB genevois.»

N’empêche, le soupçon reste largement partagé dans la population que les banquiers n’ont pas retenu la leçon, qu’une nouvelle crise financière pourrait se reproduire. Jan Langlo tient à faire remarquer que «la crise est venue des Etats-Unis, le pays de tous les excès, en termes de rémunérations, de repackaging à outrance des produits financiers, les banquiers eux-mêmes ne comprenant plus ce qu’ils vendaient. Mais, paradoxalement, c’est ce pays-là qui va le mieux aujourd’hui. Les Américains ont réussi à imposer au reste du monde des règles qu’ils n’appliquent que partiellement chez eux. Du coup, eux ont un avantage compétitif.»

L’opacité, le manque de transparence des banques suisses, pour Jan Langlo, ça n’existe plus désormais que dans les films et les séries américaines où «le méchant a toujours un compte en Suisse, peut tout faire sans que personne ne sache que c’est lui. Tout ça est faux.

Cela fait quarante ans que l’on sait très bien qui est derrière les comptes, y compris les comptes numérotés, qui sont juste des comptes dont l’identité du titulaire, généralement une personnalité publique, n’est connue que de certains employés de la banque.

Nous vérifions chaque fois qu’il y a un doute sur l’ayant droit. C’est d’ailleurs dans notre intérêt pour maintenir la réputation de la place financière suisse.»

Quant au secret bancaire protégeant l’évasion fiscale, Jan Langlo l’assure, «il aura complète-ment disparu en 2017, du moins pour les clients résidant à l’étranger, avec l’entrée en vigueur de l’échange automatique». Le sort des résidents suisses en revanche reste suspendu à une initiative populaire visant à inscrire le secret bancaire dans la Constitution. L’Association de banques privées suisses a choisi la neutralité «parce que le secret bancaire, c’est le secret du client, c’est toujours lui qui peut lever le secret bancaire, autoriser la banque à divulguer ses informations plus loin. On estime que ce n’est pas aux banques de dire qu’il faut faire ceci ou cela, c’est au peuple d’indiquer s’il est prêt à l’échange automatique en Suisse aussi.»

Et de rappeler que le secret bancaire n’a «pas été créé au départ pour dissimuler des avoirs au fisc, mais pour les protéger des instabilités géopolitiques. Des clients étrangers qui y voient un bon moyen, en plus, de ne pas les déclarer, il y en a eu beaucoup. Aujourd’hui il n’y en a pratiquement plus. Même les irréductibles ont compris qu’il ne fallait pas rester en Suisse pour se cacher. Bonne chance pour trouver un endroit où cela reste possible.»

«Les gens ne se rendent pas compte que les banques sont soumises à de fortes réglementations.»

Harald Nedwed, président de la direction générale de la Banque Migros.

Mauvaise, la réputation des banquiers? Harald Nedwed, président de la direction générale de la Banque Migros, contesterait plutôt ce diagnostic: «Je ne suis pas sûr que l’image globale soit si dégradée. Depuis la crise de 2008, les clients ont su très bien faire la différence entre le marché suisse, avec des employés que l’on connaît, que l’on rencontre dans les succursales, et le marché international qui obéit à d’autres règles, avec plus de risques, moins de transparence.»

Avant d’apporter quelques nuances: «Cette crise, le fait que l’Etat ait dû parfois venir réparer les dégâts, a péjoré l’image de la profession, le fait aussi que, depuis, dans les banques concernées, de très hauts bonus aient continué d’être versés.»

Une situation qui n’affecte pas la Banque Migros. «Nous ne sommes pas actifs à l’étranger, nous ne pratiquons pas l’investment banking.

Comme banque avec des valeurs coopératives nous ne cherchons pas à maximaliser nos profits et ne versons que des primes modérées. Mais bien sûr, il y aura toujours une petite minorité de gens pour penser que ce que font les banques est de toute façon toujours mauvais.»

S’agissant de l’aide publique, dont a pu bénéficier une banque comme UBS, Harald Nedwed constate que, «rétrospectivement, la Confédération n’est pas perdante, elle a même gagné de l’argent avec cette intervention. C’était probablement la bonne solution pour résoudre ce problème du ‹too big to fail›.» Cependant le CEO comprend «d’une certaine manière» les critiques des citoyens: «Par beau temps l’Etat n’a pas son mot à dire, tandis qu’en période de crise les banques réclament le recours à de l’argent public.»

C’est précisément un reproche récurrent fait aux banques: prendre sans état d’âme l’argent public, mais être rétives à toute réglementation. Un reproche infondé selon Harald Nedwed si l’on examine la situation de plus près: «Les gens ne sont pas tout à fait conscients des fortes réglementations auxquelles les banques sont soumises et qui ont été renforcées depuis la crise de 2008; il s’agit d’une régulation des plus rigoureuses, comparable par exemple avec celles qui régissent les médicaments ou les aliments.»

Quant au si décrié secret bancaire, il n’empêche pas vraiment le patron de la Banque Migros de dormir: «Il s’agit d’un enjeu politique. Je dis toujours que cette question concerne moins les banques que le peuple, qui devra d’ailleurs se prononcer bientôt sur la protection de la sphère privée. Les banques ne trouvent pas agréable de devoir se transformer en agent du fisc. De leur point de vue, le plus simple ce serait l’échange automatique d’informations pour tous les clients. Les banques n’auraient pas à chercher elles-mêmes si c’est de l’argent blanc ou de l’argent gris ou noir. Pour les résidents suisses, les mêmes conditions seraient appliquées que pour les résidents étrangers.» Pour éviter les situations absurdes d’une banque suisse «donnant des informations à des administrations fiscales allemandes ou françaises juste de l’autre côté de la frontière, mais les refusant aux administrations cantonales».

Pour Harald Nedwed enfin, le secteur bancaire a été considéré «de façon trop négative ces dernières années. On s’est focalisé sur les bonus excessifs que touchent une petite minorité de personnes, on a fait porter à toute la branche la responsabilité de quelques erreurs individuelles, alors que 99% des employés des banques suisses font du très bon travail.»

«C’est la dose qui fait le poison»

Edouard Duc, directeur régional d'UBS Romandie.

«Nous pouvons, et devons, vivre avec.» Voilà pour les dégâts que la crise financière de 2008 a pu causer à la réputation des banquiers. Edouard Duc met en avant un autre aspect de la profession: «Ce que l’on peut demander, c’est qu’on nous respecte pour la qualité de notre travail. Le nombre de nouveaux clients que nous enregistrons chaque mois montre que nous avons regagné ce respect. La population a une perception positive des employés de banque qu’elle côtoie. Les clients ont dans la règle une excellente relation avec leur conseiller. Le banquier suisse est d’ailleurs quelqu’un de bien formé, et d’un niveau de professionnalisme rarement égalé en comparaison internationale.»

Certes, Edouard Duc concède «une mauvaise image latente» qui tient «aux différentes affaires qui ont secoué l’industrie bancaire, aux interventions que les pouvoirs publics ont dû mettre en œuvre», mais tout aussi bien à «la difficulté pour le grand public de comprendre certains enjeux liés au monde bancaire». Le reproche ainsi qui est fréquemment fait aux banques de mégoter leur soutien à l’économie, spécialement aux petites entreprises, ne tiendrait pas: «Il faut se rappeler que les banques accordent des crédits et non du capital risque. Elles doivent donc analyser la capacité de l’entreprise à pouvoir rembourser l’argent qui lui est prêté. Aider les entreprises en développement est la tâche d’autres organismes. En revanche, on doit constater que l’accès au crédit reste relativement facile en Suisse et que la grande majorité des entreprises n’utilisent pas entièrement les lignes de crédit dont elles bénéficient.»

Insinuer que les banques seraient rétives à toute forme de régulation, tout en s’appuyant volontiers sur le soutien de l’Etat en période de crise, n’est pas conforme à la réalité: «C’est la dose qui fait le poison. Les banques acceptent la régulation, mais elles sont soucieuses des coûts engendrés et de ne pas être défavorisées par rapport à la concurrence, notamment étrangère. Car, au final, ces coûts sont, d’une façon ou d’une autre, supportés par le client.»

Edouard Duc fait également un sort à une autre idée reçue: la différence notoire de traitement suivant l’épaisseur des portefeuilles:

C’est un mythe! Chaque banque offre à ses clients, du plus modeste au plus fortuné, des solutions de base gratuites ou avec des frais très réduits: c’est souvent moins que le prix d’un café par semaine.»

Le banquier souligne enfin l’importance de la place financière pour l’économie helvétique: «UBS compte parmi ses clients un ménage sur trois, plus de 120 000 entreprises suisses et un tiers des caisses de pension. Nous effectuons, pour nos clients, un million de paiements par jour. Sur l’année, quelque 75 millions d’opérations se font à nos guichets ou via nos distributeurs de billets. UBS achète pour plus de 2,5 milliards de francs auprès d’environ 15 000 fournisseurs. Nous sommes le premier employeur de la place financière et troisième employeur privé (après Migros et Coop). A ce titre, nous avons en permanence environ 1800 places de formation.»

«Ne pas juger le passé avec les yeux ­d’aujourd’hui»

Christian Steinmann, responsable de la clientèle Private&Wealth management pour les cantons de Vaud, Neuchâtel, Fribourg et Jura de Credit Suisse.

«Il ne faut pas se le cacher: l’image des banques aujourd’hui n’est pas des plus resplendissantes.» Pour autant, selon Christian Steinmann, il convient de relativiser. «Cela dépend si l’on mesure le phénomène à travers les articles de presse, les enquêtes d’opinion ou les enquêtes auprès des clients. Ces dernières montrent que le niveau de satisfaction est excellent. Si les Suisses n’aiment pas forcément les banques, ils apprécient le banquier qu’ils connaissent.»

Christian Steinmann cite les propos d’un ancien président de l’Association suisse des banquiers, reconnaissant l’erreur de la profession d’avoir notamment agi selon le principe que «tout ce qui n’est pas interdit est permis» et en négligeant l’évolution des mentalités...» Des mentalités cependant qui peuvent varier d’un pays à l’autre: «Aux Etats-Unis, Al Capone n’a pas été condamné pour les nombreux crimes qu’il a commis mais pour fraude fiscale, alors qu’il y a peu d’exemples en Suisse de personnes qui seraient allées en prison pour ce motif. La soustraction fiscale n’y est pas vue ni traitée de la même manière sur le plan pénal.»

Christian Steinmann estime également que ce serait une erreur de «juger le passé avec des yeux d’aujourd’hui».

Les banques et notamment le Credit Suisse ont pris la mesure de ce qui devait être corrigé. Les exigences qui prévalaient il y a dix ans en matière de lutte contre le blanchiment n’ont plus rien à voir avec celles d’aujourd’hui. La manière avec laquelle on approche le risque a aussi beaucoup évolué.»

N’allez pas dire à Christian Steinmann que les banques ne jouent pas assez activement leur rôle de soutien à l’économie et à la société. «A lui seul, le Credit Suisse alloue quelque 156 milliards de crédits à la clientèle privée et aux entreprises, offre 1350 places de formation aux apprentis et étudiants, achète pour plus de 2 milliards de biens et de services en Suisse par année et y emploie près de 17 000 collaborateurs.»

Quant aux mésaventures sur les marchés financiers, là aussi Christian Steinmann veut croire que la page est tournée. «Chez nous toute l’activité investment banking a été sérieusement redéfinie, redimensionnée et orientée sur les services et conseils à la clientèle.» La banque vient à cet égard de lancer une nouvelle entité intitulée «Credit Suisse, Suisse, SA» appelée à devenir «une grande banque suisse entièrement dédiée à la clientèle domiciliée en Suisse.» Une façon de «créer une barrière», de «préserver de tout risque systémique» les activités que l’établissement exerce en Suisse.

S’agissant du secret bancaire, Christian Steinmann plaide à la fois pour sa défense et sa limitation. «En tant que protection de la sphère privée, il est le garant d’un système qui a fait ses preuves et participe aussi des valeurs qui sont celles de la Suisse. Par contre cette protection de la sphère privée ne doit pas se faire au détriment de la société et encourager la soustraction fiscale. Nous avons opté pour un modèle qui consiste à ne nous occuper que des avoirs déclarés.»

«Un élève fait une bêtise et c’est toute la classe qui est punie»

Bertrand Barbezat, président de la Fédération vaudoise des Banques Raiffeisen.

«En trente-cinq ans de métier, j’ai toujours été amené à faire des opérations où je devais m’inquiéter sérieusement de la nature et la provenance des fonds.» Bertrand Barbezat admet que si «les banques ont commis des erreurs», il convient de comprendre «dans quel contexte et pourquoi.

Ce qui a fait du mal à la place financière suisse, ce sont des opérations qui ont été menées essentiellement à l’extérieur de nos frontières.»

Alors que sur le marché domestique, c’est plutôt la prudence qui est de mise. «Nos coopératives bancaires locales ne peuvent pas faire prendre de risques à leurs épargnants, parce que ce sont eux qui les font vivre. Ce serait aujourd’hui une erreur fondamentale que de vouloir être dans des positions à risques.»

Des banques néanmoins enclines à encourager l’évasion fiscale, comme l’a montré l’affaire Cahuzac? Bertrand Barbezat se veut catégorique: «Nous ne favorisons jamais des opérations qui voudraient être soustraites au fisc. Si on ne sait pas à qui sont les fonds, à quoi ils vont servir et d’où ils proviennent, on ne fera pas l’opération.»

Le banquier explique aussi que la Suisse n’a pas attendu la crise des années 2000 pour mettre de l’ordre dans la maison. Concernant en effet ce qui pourrait être «de l’argent délictueux, issu de la drogue, de la prostitution ou des armes», des «conventions de diligence» ont été signées «dès le milieu des années 1980.»

Le reproche reste néanmoins bien vivace, qui pointe des banques tatillonnes avec les petits épargnants, mais promptes à fermer les yeux devant de grosses valises. «C’est l’inverse. Plus l’opération est importante, moins elle a de chances de passer sous les radars.»

Bertrand Barbezat trouve que «la tourmente de 2008» a abouti à une réglementation pas assez ciblée: «C’est un peu comme quand un élève a fait une bêtise et que toute la classe est punie.» Dire que les banques ne soutiennent pas l’économie n’est dès lors «pas complètement faux, sauf que cette frilosité vient souvent des règles drastiques qu’on nous impose désormais. Dans l’immédiat après-guerre, avec des règles plus souples, les banques ont permis à des grandes entreprises de se constituer, à des petites et moyennes entreprises de se développer, choses qui auraient été impossibles avec les réglementations d’aujourd’hui.» Et de donner l’exemple des crédits pour l’accès à la propriété: «Nous souhaitons proposer un assouplissement des conditions pour les jeunes couples. Les règles qu’on fixe aujour­d’hui ne permettent pas de pouvoir soutenir ceux qui devraient l’être.»

Mais le vrai souci de Bertrand Barbezat, ce serait plutôt que désormais «le secteur bancaire n’intéresse plus autant les jeunes générations». Un phénomène qui s’est «accentué après 2008. D’une part, parce qu’il y a un écart entre la formation reçue à l’école et les exigences du secteur bancaire, qui limite le choix des gens qu’on peut engager, mais aussi parce que le nombre de candidats qui se présentent pour un poste d’apprenti diminue. On risque à terme un déficit de bons professionnels.» 

Texte: © Migros Magazine - Laurent Nicolet

 

Publié dans l'édition MM 2
9 janvier 2017

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Editorial

Ces grands mal-aimés

Steve Gaspoz, rédacteur en chef de Migros Magazine

Depuis que le monde est monde, certaines occupations, puis professions, ont été décriées. Que ce soit en raison de leur teneur, de leur pénibilité ou de la réputation qu’elles traînent. En Suisse, il en est une qui a très mal passé le cap de la dernière décennie: banquier. Depuis la crise des subprimes aux Etats-Unis et le déclenchement de la crise, il ne fait plus bon travailler dans une banque, même au pays des banques (lire en page 10).

Pas seulement dans la finance de haute voltige, mais à tous les étages. La suspicion s’est introduite partout. Les errements dénoncés ces dernières années et les scandales qui ont suivi y sont pour beaucoup, évidemment. Même si l’on pouvait s’attendre à un peu plus de compassion dans un pays comme le nôtre, réputé pour son secteur bancaire et la confidentialité qu’il offre, offrait.

C’est là que l’on voit que les temps changent. Car avant le vol de la Confédération au secours de l’une de nos grandes banques en perdition, nous tolérions presque tout, nous acclamions même leur insolente prospérité sans nous montrer trop sourcilleux avec des pratiques déjà pointées du doigt à l’étranger. La crise et ses suites ont sonné la fin de cette félicité.

En pratiquement dix années, beaucoup d’eau a pourtant coulé sous les ponts. Le secteur bancaire a été soumis à des régulations nouvelles et autrement plus sévères, le sauvetage accordé par la Confédération a été remboursé et a offert un intéressant bénéfice, le secret bancaire a pratiquement disparu, les règles contre le blanchiment d’argent ont été renforcées, etc. Des réformes nécessaires qui ont permis d’éviter de nouvelles erreurs, mais ne sont pas encore parvenues à redorer l’image du secteur.

Le rétablissement de la confiance prendra encore du temps. Une génération probablement. Pour autant qu’une nouvelle crise ne voie pas le jour. Car si le secteur bancaire tente de démontrer que tout a désormais changé, certains oiseaux de mauvais augure voient les choses bien autrement, n’excluant pas une nouvelle crise financière de la même veine que celle de 2008.

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8 Commentaires

Docteur Sagesse [Invité(e)]

Ecrit il y a
5 jours, 12 heures

Petit rappel Un exemple : Panama Papers. Banquiers, politiciens cherchaient en vain des solutions, mais se heurtaient à des arguments vides de sens. Comment un départementdes finances en exercice, puisse justifier cette vieille maxime, ou justifier ou du moins légitimier les lacunes juridiques qui font de notre pays une base arrière des fraudeurs du fisc ? L'argent défiscalisé par des méthodes douteuses est sale et donc difficilement réinvesti. Il devient alors une épargne dormante, sans grand intérêt pour la société.En ces temps de restrictions budgétaires généralisées, "les appels au secours", d'une partie des contribuables envers une fiscalité trop vorace, ne font heureusement pleurer personne.

Christian Wuethrich [Invité(e)]

Ecrit il y a
1 semaine

Le banquier qui propose de l'évasion fiscale à ses clients c'est visiblement terminé car le cadre légal ne le permet plus. Il ne faut pas croire pour autant que les règles éthiques de la profession soient meilleures que par le passé. Les dernières condamnation pour manipulation du taux Libor ou pour dissimulation des risques liés aux subprimes montrent que hors de l'évasion fiscale la créativité est sans limites afin d'introduire des pratiques défavorables au client.

Amicale des Tondus [Invité(e)]

Ecrit il y a
1 semaine, 5 jours

Oui Migros Magazine fait bien son boulot d'information. Après UBS, Credit Suisse, et malgré toutes les recommandations, les autres banques helvétiques pivées ou Coop et Raiffeisen, etc. ont essuyé aussi les contraintes américaines. Est-il normal que des établissements d'éthique coopératives ou participative puissent aussi prôner une politique bancaire souhaitant s'étendre financièrement au-delà de leurs limites territoriales ? Promettre de gros rendements en oubliant de prendre en compte les gros risques. Leurs portes-paroles devraient conseiller à leur CA de revenir aux principaux fondements de l'idée moralisatrice, soit l'organisation mutuelle d'exploitations locales. Aller si loin chercher des clients américains quand on possède sous la main les nobles principes à appliquer de la solidarité et de l'aide personnelle au commerce de l'argent. Grâce à la responsabilité illimitée de ses membres sur sol suisse, elle offre une garantie de premier choix, même pour les amateurs de bas de laine.

 

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