27 novembre 2017

Voir enfin le bout du tunnel

Le service Dettes Conseils de Caritas aide les personnes à sortir de la spirale de l’endettement. Grâce à ce soutien personnalisé, Carole Schmid a pu prendre un nouveau départ dans la vie.

Le service Dettes Conseils de Caritas aide les personnes à sortir de la spirale de l’endettement. Grâce à ce soutien personnalisé, Carole Schmid a pu prendre un nouveau départ dans la vie.
Grâce aux bons conseils de Silvia Bruinink (à droite), Carole Schmid a appris à gérer son budget. (Photo: Daniel Winkler)
Temps de lecture 4 minutes

Lorsque Carole Schmid* rentre chez elle après le travail, elle regarde parfois la vitrine du boucher de son quartier. L’envie de pousser la porte du magasin et de s’offrir un morceau de viande se fait alors rapidement sentir. Mais la jeune femme de 30 ans doit se montrer ferme et se convaincre: «J’ai déjà quelque chose chez moi pour préparer le souper.»

Carole Schmid a dû apprendre à résister aux envies spontanées et à planifier à long terme. Autrefois, elle achetait tout ce qui lui plaisait et a ainsi accumulé des milliers de francs de dettes. Quand le chaos financier est devenu insurmontable, elle a réalisé qu’elle ne s’en sortirait pas toute seule. Carole Schmid a alors fait appel aux conseils de Caritas en matière d’endettement. Grâce à ce service, elle est maintenant en train de rembourser ses créanciers.

Caritas ne fournit pas d’aide financière, mais des conseils avisés et un accompagnement. «L’objectif de Dettes Conseils consiste à chercher des solutions avec les personnes dans le besoin en vue de stabiliser et si possible d’améliorer leur situation», indique Silvia Bruinink, conseillère en désendettement auprès de Caritas Zurich. Depuis des années, elle fait face à des gens de toutes classes de revenu et d’âge qui ont perdu le contrôle de leurs finances. «Aucun de ces cas n’est facile», explique Silvia Bruinink. En effet, tous se débattent généralement des années durant dans l’enfer des dettes avant de chercher de l’aide.

C’était aussi le cas de Carole Schmid. A 20 ans, après son apprentissage et sa maturité professionnelle, elle a trouvé un bon emploi, bien rémunéré. Une chance. «Mais je ne savais pas gérer l’argent», explique Carole Schmid. Elle a rapidement pris un logement, acheté une foule de gadgets et pris des vacances sans trop réfléchir aux lendemains. Pas une seconde elle n’a pensé aux primes de la caisse-maladie ou aux impôts. Et quand ces factures lui sont parvenues, elle n’avait aucune réserve. «J’ai paniqué et j’ai pris un crédit pour les payer», dit Carole Schmid en secouant la tête. Car en dépit de cette expérience, elle n’a rien changé à son style de vie. La catastrophe s’est concrétisée quelques années plus tard, alors que trois crédits pesaient sur ses épaules: elle a été mise aux poursuites. Et sa partenaire a découvert son secret bien gardé. «J’ai alors enfin compris que j’avais besoin d’aide.» Peu après, elle rencontrait la conseillère en désendettement de Caritas.

Au-delà des chiffres

«Nos conseils dépassent le cadre comptable», précise Silvia Bruinink. Les personnes dans le besoin lui confient souvent des tranches de vie entières au cours d’entretiens chargés d’émotion. Ses questions peuvent mettre au jour un vécu enterré profondément. Ensuite seulement, il s’agit d’établir un budget, de négocier avec des créanciers et de fixer des repères pour bâtir l’avenir.

«La plupart des personnes que nous rencontrons n’ont pas la possibilité de rembourser des dettes accumulées depuis trop longtemps», sait Silvia Bruinink. Elle tente alors avec elles de prévenir la création de nouvelles dettes. Et pour celles et ceux qui se montreront bien décidés à les rembourser, elle développe des plans permettant d’y parvenir dans un délai raisonnable.

Objectif novembre 2018

Ainsi, Carole Schmid rembourse des montants fixes à ses créanciers chaque mois depuis deux ans. De plus, avec l’aide de Caritas , elle a simplifié la gestion de l’argent restant. Par exemple, elle paie ses impôts et ses primes d’assurance-maladie mensuellement. Ou elle règle ses dépenses quotidiennes avec un montant hebdomadaire fixe et non avec la carte de débit.

Carole Schmid souligne qu’elle veut s’y tenir même lorsque toutes ses dettes seront payées. Et elle sait quand ce sera le cas: «En novembre 2018». * Identité connue de la rédaction

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