14 novembre 2019

Noël au mois d’août

Le nouveau spot de Noël de Migros nous réchauffe le cœur avec une histoire d’amitié entre une petite fille et une chouette. Plusieurs mois de préparation et des jours de tournage intenses ont été nécessaires pour réaliser ce film. «Migros Magazine» était présent sur le plateau.

Le nouveau spot de Noël de Migros nous réchauffe le cœur avec une histoire d’amitié entre une petite fille et une chouette. Plusieurs mois de préparation et des jours de tournage intenses ont été nécessaires pour réaliser ce film. «Migros Magazine» était présent sur le plateau.
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La nuit tombe doucement sur Vilnius, en Lituanie. Les gens flânent en t-shirt dans la capitale lituanienne. Cette journée d’août est chaude, presque caniculaire. Mais en bifurquant dans la rue Gedimino, on peut voir de la neige. Le sol, les arbres, les balcons: tout est recouvert d’un duvet blanc. Des guirlandes lumineuses sont accrochées entre les maisons et au coin de la rue se tient un stand de marrons chauds.


Un ruban de signalisation rouge délimite cette scène féerique. Les passants sont nombreux à observer l’agitation qui y règne: des techniciens avec des caméras ou des talkies-walkies, des couples et des enfants en écharpes et manteaux d’hiver. Un des passants parvient à taper sur l’épaule d’un caméraman: «Qu’est-ce que vous tournez? – Une publicité pour Migros, en Suisse.» Migros? Ce nom ne lui dit rien, mais la scène n’en reste pas moins captivante. «Action!», s’exclame le réalisateur. Une musique forte et méditative envahit la rue Gedimino. Les sons délicats accompagnent une petite fille et son père, qui s’enfoncent dans la neige en se rendant au magasin du coin. Des sapins se trouvent devant la boutique. Heureux, le père et la fille en choisissent un et... on connaît la suite.

Un scénario très chouette

Tous les enfants savent désormais que le père et sa fille ne ramènent pas seulement un arbre chez eux, mais aussi une petite chouette cachée à l’intérieur. Depuis le 8 novembre, le nouveau film de Noël de Migros est diffusé sur toutes les chaînes. L’idée est née à 1433 kilomètres de la rue Gedimino, plus précisément à Zurich, au siège de l’agence de publicité Wirz. Cette dernière crée les publicités de Noël pour Migros depuis des années: le lutin Finn est également à mettre à son compte. Depuis février dernier, plusieurs équipes se sont attelées à trouver une idée inédite pour la campagne de Noël 2019.

Pourquoi inédite? Après tout, les deux films de Finn ont été de grands succès. «L’histoire de Finn s’est terminée par un happy end l’an dernier. Nous y mettons fin au plus beau moment», explique Livio Dainese, co-CEO de l’agence de publicité et créateur de Finn. «On aurait très bien pu faire une suite où Finn aurait eu des enfants. Mais je trouve que Migros a fait le bon choix en allant plus loin.» Par exemple avec une adorable chouette du nom de Mimi. Au sein de l’agence Wirz, une cinquantaine d’histoires différentes ont été travaillées. Une sélection a ensuite été présentée à Migros et la chouette cachée dans l’arbre s’est clairement imposée.

Le premier jour de tournage à Vilnius a eu lieu fin août. De nombreuses raisons ont poussé à choisir la capitale lituanienne pour accueillir le tournage: la société de production zurichoise Pumpkin, mandatée par Wirz, y a eu de très bonnes expériences. L’infrastructure est du dernier cri, les équipes sur place sont composées de professionnels et les coûts sont très compétitifs. Toutefois, la totalité du projet reste «swissmade», étant donné que la majorité du travail a été effectuée par les équipes de Migros, Wirz et Pumpkin en Suisse. Dernier point à ne pas négliger: il est plus facile pour Migros de garder le projet confidentiel en tournant dans les pays baltes qu’en Suisse.

De l’été à l’hiver en un clin d’œil

Le premier jour, le site de tournage est une maison située dans les faubourgs de Vilnius. Une petite maison individuelle tout à fait classique, avec un garage, comme on peut en trouver en Suisse. Seul élément insolite: des hommes portant masques, shorts et débardeurs s’affairent sur le toit. Ils tiennent un long tuyau vert qui projette un grand arc de neige artificielle. Celle-ci est composée de cellulose pure entièrement biodégradable. Transpirants, les hommes se donnent des instructions. La moitié du toit environ est enneigée quand soudain, le tuyau se bouche et n’expulse plus qu’un petit filet blanc. Un des hommes tape fermement dessus. Une première fois, puis une seconde, et la neige se répand à nouveau. La totalité du toit est bientôt enneigée, comme en décembre.

Aujourd’hui, on ne filmera que de l’extérieur et dans le garage. En effet, une autre maison plus adaptée a été choisie pour les scènes en intérieur. Dans le spot, on ne se rendra compte de rien. Les maisons appartiennent à des particuliers qui les mettent à disposition moyennant paiement. Le garage a été complètement vidé, repeint et réorganisé par l’équipe du film. Le chao s semble régner, mais il n’en est rien: chaque chaussure de ski, chaque boule de Noël a été placée et recouverte de poussière individuellement.

Une fillette qui s’y connaît doublement

Une douzaine de personnes se trouvent dans cette petite pièce, juste avant le tournage de la première scène, celle où la petite fille s’entraîne à voler avec la chouette. Âgée de 10 ans, cette brunette déjà habillée en habits d’hiver s’appelle Zazie et elle est actrice depuis ses 4 ans. «J’aime ­beaucoup ça», dit-elle avec un grand sourire. Même l’attente entre les prises ne lui pose pas de problème. Venue d’Angleterre avec sa mère Claudia, elle est à l’aise avec les adultes, avec qui elle plaisante et tape dans les mains.

Étonnement, elle a déjà eu affaire à une chouette, même si c’était dans le cadre privé: «Raconte ce qui nous est arrivé en Espagne», suggère sa mère. «Ah oui, réplique Zazie, les yeux scintillants, nous étions là-bas avec mes grands-parents quand une chouette est rentrée dans la maison. Nous avons essayé de la faire partir, mais elle est revenue. Je l’ai donc enroulée dans ma veste pour la mettre dehors. C’est étrange que cela me soit déjà arrivé», conclut-elle, pensive.

Le rôle d’une drôle de chouette verte

Pendant qu’on tourne dans le garage en dessous, les collaborateurs de Migros et de Wirz sont assis dans la cuisine devant des écrans. Ils regardent toutes les scènes et donnent leur accord ou demandent des modifications. On entend le réalisateur donner des instructions à l’étage inférieur. Zazie marche encore et encore dans la neige artificielle devant le garage, jusqu’à ce que la scène soit dans la boîte. Dans sa main ouverte, elle tient un peluche vert fluo à pois bleus, qui représente la chouette. En effet, la version animée de Mimi sera ajoutée numériquement dans les scènes en post-production.

«Les vraies chouettes ne suivent pas forcément les instructions des réalisateurs», explique Mario Maruska en riant. Le Danois et son collègue Jan Tvilling, de la société BaconX à Copenhague, sont chargés de l’animation. Ils sont actuellement en pause. Duo inséparable, ils jouent un rôle essentiel sur le tournage: avant chaque prise, ils placent une balle argentée et un nuancier devant la caméra afin d’évaluer les conditions d’éclairage et les reflets. Durant les prises, la peluche est indispensable, afin que les acteurs puissent se référer à quelque chose. Elle doit être verte pour pouvoir être retirée sans problème de l’image par la suite. Les pois bleus serviront, eux, de repères pour pouvoir suivre les déplacements de la chouette.

Un travail de longue haleine

Au cours des deux mois à venir, toute l’équipe de BaconX, soit environ 15 personnes, travaillera sans relâche sur la chouette. Chaque plume doit être conçue individuellement, chaque mouvement animé. «Ça s’annonce stressant», poursuit Mario. Son but est de créer un adorable bébé chouette qui fera craquer tout le monde.

Deux vraies chouettes font quand même leur apparition sur le plateau. Il fait sombre quand la scène finale est tournée. Celle où Mimi, qui a retrouvé ses parents, se tient sur une balustrade. Animer deux chouettes adultes représentant beaucoup plus de travail, l’équipe a choisi d’utiliser de vrais animaux. Ces oiseaux dressés pour les films attendent leur tour avec calme sur le bras de leurs maîtres. Mais, le moment venu, on peut constater que Mario avait raison: les vraies chouettes ne suivent pas forcément les instructions données. Quand elles n’ont plus envie, elles s’envolent de la balustrade. Mais les caméramans s’approchent peu à peu de ces fiers animaux jusqu’à obtenir quelques prises parfaites. De la neige artificielle volette silencieusement dans l’air chaud de l’été et pendant un instant, il règne un calme absolu.

Duel entre un balai et une chouette

Autre jour de tournage, autre maison. Même s’il est déjà 13 h, on dirait que c’est encore le matin. Le temps s’écoule différemment sur le plateau. Le repas de midi est prévu à 17 h, la fin du tournage à 23 h 30. Dans le salon, un sapin de Noël décoré de toutes les couleurs se dresse près d’un piano à queue noir. De nombreuses personnes s’affairent encore une fois dans la pièce et tous savent exactement ce qu’ils ont à faire. L’air est lourd, des poussières dansent dans la lumière. Le tournage de la première scène commence. Il y a du mouvement dans l’arbre et le père (Gerard dans la vraie vie) essaie de chasser une chouette imaginaire avec un balai. Dehors, les collaborateurs de Migros et de l’agence Wirz sont assis sous une tente et observent la scène en riant sur les écrans: ils sont satisfaits du jeu de Gerard. Pendant ce temps, dans le jardin, les arbres, l’herbe et les sièges sont recouverts de neige.

C’est l’heure du repas de midi. Au buffet servi dans l’allée de la maison, sont proposés du riz avec de la viande de porc, des penne, de la purée de pommes de terre, de la soupe et des gâteaux. L’équipe est assise sur de longs bancs en bois. Assis seul au bout de la table, le réalisateur regarde des images sur son ordinateur portable.

Cet homme chauve du nom de Martin Werner est une sommité dans son domaine. Quand il rit, de petites rides se forment autour de ses yeux. Quand il hausse le ton, c’est motivant. Le Danois Martin Werner met toujours tout son cœur dans son travail. «Le tournage dépasse nos attentes», souligne-t-il. Il est très satisfait des performances des acteurs, notamment de Zazie. «Elle est très posée, intéressée et a une bonne présence face à la caméra: c’est une superstar!» Pour lui, ce n’est pas une petite fille mignonne ordinaire, elle affiche une certaine sérénité. L’histoire lui plaît parce qu’elle est à la fois surprenante et intemporelle: l’amitié entre un enfant et un animal parle à tout le monde.

La magie peut œuvrer

Que devraient ressentir les Suisses en voyant ce film? «Ils devraient être touchés par l’idée de rendre, de s’occuper de quelqu’un d’autre que de sa propre personne.» Martin Werner aime l’aspect social de la réalisation de films. Autour de lui, des caméramans mangent à côté de stylistes, Zazie plaisante avec Gerard, son père dans le film, tandis que Mario et Jan, les créateurs de la chouette, ont une discussion animée à la machine à café. Ils sont tous revigorés pour le réveillon de Noël.

Dans le salon de la maison, les dernières préparations sont en cours. La styliste peigne les cheveux du grand-père comme il faut, la mère dans le film étudie les petites fourchettes à fondue. Zazie examine, elle, la table dressée: des sauces, de la salade, des épices et des pommes de terre. Elle porte des habits de fête: une jupe rouge, un chemisier blanc et est coiffée de deux tresses. Des bougies éclairent la table. À travers les rideaux mi-clos, on peut apercevoir le ballet des flocons blancs à l’extérieur. Martin Werner rassemble toute l’équipe autour de lui et donne les dernières instructions aux acteurs: «Vous êtes heureux, c’est le réveillon de Noël, il y a des choses à fêter!»

Les membres de la famille s’assoient autour de la table et attendent patiemment que tout le monde soit prêt. «Action!», s’exclame Martin Werner. Les caméras tournent, les acteurs sont plongés dans leurs rôles. La chaîne stéréo diffuse «Douce nuit, sainte nuit». La famille papote, rit et mange. Soudain, la petite fille tend l’oreille. Elle s’approche avec précaution de la fenêtre, et... la suite est une belle histoire.

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