16 mars 2018

L’effet miroir des clichés

L'éditorial de Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.

Steve Gaspoz
Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.

Qu’est-ce qui fait la particularité de la Suisse? En quoi notre pays est-il différent de ceux d’à côté? La démocratie directe. Cette curiosité qui fait que tout un chacun peut, en théorie du moins, provoquer la tenue d’une votation sur un objet qui lui tient à cœur. À l’étranger, de nombreux citoyens s’en ébahissent, tandis qu’ici nous avons tendance à concevoir ce privilège comme un fardeau. Les taux de participation à certaines votations en sont un bon indicateur.

Dans notre entretien, la journaliste irlandosuisse Clare O’Dea considère cela comme une partie du «projet suisse». Notre démocratie demande une participation de chaque instant aux citoyens. Ainsi, contrairement à d’autres pays, il n’est pas rare que l’Helvète rappelle à ses élus que le pouvoir lui appartient. Cette conception du pouvoir très égalitaire influence l’ensemble du fonctionnement de la Suisse avec l’idée forte que tout un chacun doit se voir offrir les mêmes perspectives, les mêmes droits, les mêmes services.

Une couverture médicale, un montant AVS, une possibilité de formation, une redevance radio-TV identiques pour tout le monde. Un point noir apparaît tout de même au tableau: l’égalité entre femmes et hommes. Si, sur le papier, les unes et les autres ont les mêmes chances, droits et devoirs, la réalité est encore quelque peu différente. Même si Clare O’Dea estime que les mentalités ont évolué et que la Suisse a comblé une partie de son retard en la matière.

D’ailleurs, vue des pays anglo-saxons, notre contrée demeure un repaire du sexisme. Un cliché certes, mais qui, en 2018, devient un poids important à porter. D’un autre côté, ce n’est peut-être pas un mal, sachant que pour bouger notre pays a souvent besoin d’une petite impulsion extérieure.

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