1 juin 2018

Savoir lâcher son «bébé»

L'éditorial de Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.

Steve Gaspoz
Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.
Temps de lecture 2 minutes

La Suisse est un pays de PME. Quelle que soit sa forme juridique, on considère une société comme une PME si elle compte moins de 250 employés. Du salon de coiffure en passant par le chauffagiste, un atelier de mécanique ou une chaîne de boutiques. Parmi elles, on considère que 14 000 changeront de mains durant l’année. Et que, en faisant un raccourci, le même nombre de nouveaux patrons devront être trouvés.

Un chiffre qui a de quoi impressionner et pose un sérieux défi aux entreprises en recherche de repreneur. Même si la plupart de ces sociétés sont familiales et restent dans les mains du clan, trouver le bon candidat n’est pas chose aisée. «Devenir patron» implique des responsabilités que tout un chacun n’est pas prêt ou apte à endosser, sans compter les aspects financiers qui ne rendent pas les choses plus faciles.

Devenir patron implique des responsabilités que tout un chacun n’est pas prêt ou apte à endosser

Steve Gaspoz

Immédiate pour les uns, la passation peut parfois prendre des années. Parce que l’on ne trouve pas la personne adaptée, parce que l’on ne veut pas remettre l’œuvre d’une vie ou de ses parents au premier, deuxième ou troisième venu. Quitte à ce qu’un commerce florissant devienne un poids au quotidien. En Suisse, nombre d’organismes œuvrent à rendre la transmission du flambeau harmonieuse en aidant les propriétaires à trouver un repreneur, mais aussi à prendre de la distance avec leur «bébé».

Car l’après fait aussi partie du travail de succession. Après avoir consacré l’essentiel de sa vie (professionnelle) à faire fructifier son entreprise, il est difficile de la voir s’envoler vers d’autres cieux et encore davantage de voir ses propres orientations remises en question. Pourquoi ne pas se contenter de poursuivre ce qui fonctionne?

La mode est au lâcher-prise. En matière de succession d’entreprise, c’est une condition sine qua non. Et le fait que 95% des entreprises continuent d’exercer cinq ans après leur transmission s’avère pour le moins rassurant, pour l’économie et les ex-patrons.

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