7 septembre 2018

Le cerveau et ses fantasmes

L'éditorial de Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.

Steve Gaspoz
Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.
Temps de lecture 2 minutes

Sera-t-il possible dans un avenir proche de repérer les personnes agressives? Ou, mieux encore, susceptibles de le devenir? À voir les recherches actuelles dans le domaine des neurosciences, tout porte à le croire. La professeure Carmen Sandi, directrice de l’Institut des neurosciences de l’EPFL, a mis en lumière que des traumatismes pré- ou postnatals influençaient notre capacité à gérer la peur et, avec un petit raccourci, notre propension à l’agressivité.

Ce qui pourrait ouvrir la porte à une meilleure compréhension de ses déclencheurs, notamment le stress. Mais aussi ouvrir nombre d’interrogations d’ordre éthique. Imaginons qu’un jour nous développions des tests de niveau d’agressivité, de combativité, d’émotivité, etc., qu’en ferions-nous? Pourrions-nous encore garantir la liberté individuelle ou serions-nous tentés de les utiliser de manière préventive sur l’ensemble des enfants, adolescents, adultes?

Nous tolérons de moins en moins les accidents, les imprévus de la vie

Steve Gaspoz

Nous tolérons de moins en moins les accidents, les imprévus de la vie. La compréhension du fonctionnement du cerveau humain et sa maîtrise permettraient certainement d’en éviter une partie. Mais à quel prix? Que sommes-nous prêts à sacrifier pour le bien général? Placer le curseur entre le bien collectif et le bien individuel est tout sauf un exercice facile.

Cette question peut se poser pour bien des développements, mais n’oublions pas qu’il est question du cerveau ici. Percer ses secrets est un rêve qui attise bien des fantasmes. Si l’on y parvenait enfin, alors le retour sur investissement devrait assurément être à la hauteur des attentes. Quitte à laisser de côté certains principes tenus jusque-là pour fondamentaux et non négociables. 

➜ A lire aussi: Les bienfaits de la discipline

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