3 mai 2018

Thonon-les-Bains: les endroits insolites à découvrir

Sous ses airs de cité lacustre toute simple, Thonon regorge d’endroits insolites, de recoins et d’arrière-cours où il fait bon se perdre.

Thonon-les-Bains
Le haut et le bas de la ville de Thonon sont reliés par un funiculaire construit en 1888. (Photos:Mathieu Rod )

On l’atteint par voie terrestre ou lacustre. Mais si vous avez le choix, optez sans hésiter pour une arrivée en bateau de la CGN, la Compagnie générale de navigation. La baie où se niche Thonon-les-Bains, capitale du Chablais français, se dévoile à mesure qu’on longe la côte. La forêt du château de Ripaille, puis le plongeoir emblématique de la piscine municipale et le port de plaisance rappellent que la cité est, comme son nom l’indique, une ville tournée vers le lac. Et si l’eau de Thonon n’est pas aussi connue que celle de sa voisine Évian, elle n’en a pas moins un destin international. Ainsi en a-t-on trouvé un jour dans un supermarché de Saint-­Pétersbourg à l’orée de l’an 2000. Drôle de rencontre si loin du Léman.

L’eau, justement, fait la renommée de la station de 35 000 habitants auréolée du label France station nautique 4 étoiles. Cela commence par la baie qui abrite le port de Rives et ses pittoresques maisons de pêcheurs aujourd’hui transformées en Écomusée de la pêche et du lac. À peine le pied posé sur terre, on se retrouve à déambuler entre les cages et les filets. Ce jour-là, pas de grosse prise, annonce l’un des sept pêcheurs en activité. Les bons jours, de la féra et de la perche, voire de l’omble chevalier, viennent garnir les filets et les assiettes des restaurants locaux.

Mais laissons le petit port et poursuivons en direction de la place du 16-Août-1944 encore déserte en ce début de semaine. Là, sous les platanes, touristes et habitués envahissent les terrasses les beaux jours revenus, faisant face aux bateaux et à l’ancienne douane. Au loin, la plage municipale et la silhouette du château de Ripaille qui accueille chaque année des milliers de visiteurs (lire encadré). On se rendrait bien dans ce vaste domaine autrefois propriété des ducs de Savoie, mais les hauteurs nous appellent. Car Thonon se visite de bas en haut, un peu comme ces cités méditerranéennes où, après le port, domine le cœur historique. Ici, le bas se nomme Rives. La pauvreté y régnait autrefois en maître, tandis que le centre ville accueillait les demeures patriciennes. Aujourd’hui, le port a revêtu des airs de villégiature tandis que le centre demeure le nœud commercial.

Un funiculaire unique au monde

On se dirige vers la gare du funiculaire en passant devant le château de Rives jusqu’à la tour des Langues, vestige médiéval du temps où les bouchers payaient l’impôt au seigneur à coups de langues de bœuf et de vaches. Construit en 1888, le funiculaire est désormais automatisé et le seul au monde où les voitures se croisent dans un virage. Pour les plus courageux, un chemin mène au pied de la forteresse via une pente de 20%... On opte rapidement pour la remontée mécanique, savourant depuis la cabine le panorama qui se dévoile à mesure que l’on s’élève. Bientôt les toits enchevêtrés des maisons de pêcheurs laissent place à l’immensité lacustre et l’on découvre au loin sur la rive opposée Morges la Vaudoise.

Un virage plus tard, et nous voici arrivés à Thonon la haute. Ultime coup d’œil au lac depuis le belvédère avant de passer devant le château de Sonnaz et de traverser la place de l’Hôtel-de-Ville flanquée de sa fontaine où se tenait jusqu’au siècle passé le marché hebdomadaire. Sur la droite, la porte des Lombards, dernier vestige de l’enceinte médiévale, ouvre sur une placette dominant le lac et le château de Bellegarde. À peine arrivés, notre attention est attirée par les frises grivoises sculptées dans le bois de la maison accolée à la mairie. La légende dit que c’est un artiste autrichien qui, ne pouvant pas payer son loyer, s’est acquitté de ce dernier en réalisant cette œuvre en prenant quelques libertés...

L’envers du décor

Retour sur nos pas, puis virage dans la rue de l’Hôtel-de-Ville qui mène tout droit au parvis de l’église Saint-Hippolyte et de la basilique Saint-François-de-Sales. Pas courant de découvrir côte à côte une église et une basilique construites à cinq siècles d’écart, la première au XIVe (puis remaniée au XVIIe), la seconde au XIXe, mariant baroque piémontais et néogothique. Ne vous laissez pas rebuter par son aspect rafistolé et poussez la porte de la basilique pour y admirer les fresques et le chemin de croix du peintre nabi Maurice Denis.

Dehors, tout autour de la Grand-Rue, les enseignes et les vitrines foisonnent, car Thonon est un lieu de shopping et le rendez-vous des gourmands. La rue Saint-Sébastian, rebaptisée rue du goût par les habitués, abrite entre autres la célèbre fromagerie Boujon qui livrait autrefois à l’Élysée ainsi que des bars à vins et autres échoppes qui régalent les papilles. Il y a aussi ses cafés aux airs d’antan, telle la Brasserie du Général dans la Grand-Rue ou encore le Chante-Coq. Ce dernier se trouve dans la rue éponyme, la plus vieille de la ville, repérable à ses maisons serrées qui abritaient les grands noms de la cité. Au bout, la chapelle de la Visitation est en train de se muer en espace d’art contemporain. Derrière, sur la place autrefois recouverte de champs, le marché prend désormais ses quartiers les lundis et les jeudis. Mais avant d’aller plus loin, bifurquez sous l’arche de l’allée des Terreaux. Vous y découvrirez la porte aux Juifs, vestige du quartier juif. C’est que, sous ses airs de cité lacustre toute simple, Thonon regorge d’endroits insolites, de recoins et d’arrière-cours où il fait bon se perdre. Flânez dans les ruelles, empruntez les passages et les sentiers de traverse pour découvrir l’envers du décor.

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