29 juin 2017

Tom ou la passion du potager

Entre gestes simples, bon sens et astuces vertes, les tutos de Tom le Jardinier donnent envie de mettre les mains dans la terre et de bichonner ses laitues. Même sur son balcon… A voir chaque semaine sur notre site!

Tom Monnat pose dans le jardin avec les accessoires typiques du jardinier
Tom Monnat partagera ses secrets de jardinage à travers des tutos vidéos à retrouver sur ce site internet.
Temps de lecture 5 minutes

Il a l’air d’un gentleman farmer. Le regard bleu acide volé à Zac Efron, élégant et raffiné, Tom Monnat a la main verte. A 24 ans, ce Jurassien né dans un chou des Pommerats, comme il aime à dire, tient donc un site web dédié au jardinage et une chronique hebdomadaire sur le même thème pour Migros Magazine en ligne.

Gestes simples au potager, préparation d’une terrine, techniques d’arrosage, il essaime ses conseils comme on lance un semis: avec finesse et légèreté, le sourire toujours à l’ombre du chapeau de paille. On s’en doute, cet amour de l’horticulture n’a pas poussé chez lui par hasard. Grandi à la ferme, entre bétail et champs de brassicacées, il ne pouvait que rejeter complètement ou s’intéresser de très près à ce monde agricole. Tom Monnat plaisante:

Mon papa était passionné par les vaches et moi, par opposition, je me suis passionné pour les légumes!

Héritage familial

Mais c’est surtout son grand-père maternel qui lui donne le virus. «Je passais mes après-midi de libres avec lui, quand il venait faire le potager chez nous. Il m’a appris les bases du jardinage, et la patience.

Rien de plus frustrant qu’un légume qui ne veut pas pousser!

Il commence par sarcler un petit rectangle et très vite se retrouve avec 30 mètres carrés. Expérimente les courgettes assoiffées, les folâtres haricots, l’aléatoire des récoltes.

Dans la logique des choses, Tom Monnat suit alors une formation d’horticulteur, visite près de deux cents jardins botaniques d’ici et d’ailleurs, et nourrit un beau projet: il décide de lancer son entreprise de paniers maraîchers et commence à cultiver 1000 m2 de terrain, mis à disposition par ses parents.

Les gestes restent les mêmes, on change juste d’outils.

Il flaire juste: les citadins ont envie de retrouver le lien à la nature et les légumes de proximité. «Le potager était tombé en disgrâce dans les années 1980. On le remplaçait par les haies de thuyas! Aujourd’hui, il revient à la mode dans les villes, sur les balcons et même sur les toits.»

Le temps de lancer l’aventure et de roder le calendrier des semis, un coup du sort vient mettre un frein à son projet: à 19 ans, on lui détecte un sarcome à la cheville. Hospitalisation, séances de chimiothérapie. «Deux jours après ma première opération, je me suis rendu compte que ce serait difficile de retourner dans les champs. Je ne pouvais plus porter de cageots lourds ni travailler à 200% comme je l’espérais.» Adieu carottes, aubergines, tomates, fenouils et pâtissons…

Savoir rebondir

Mais les passions ne s’éteignent pas si facilement. Même quand on leur coupe la tige, elles repoussent ailleurs, sous une autre forme. A défaut de bêcher à longueur de journée, Tom Monnat se met à saisir la beauté du végétal avec son objectif et à poster des photos très esthétisantes – pas des natures mortes, mais des natures vives – sur Instagram. Il commence aussi une nouvelle formation de polygraphe – son portfolio ayant tapé dans l’œil de l’agence Komunik à Lausanne, où il fait actuellement son apprentissage – et lance dans la foulée son site web «pour garder un pied au jardin»: fiches botaniques, conseils pour préparer la terre ou faire un semis de haricots, mais aussi recettes malines de cuisine avec la récolte du potager.

«Je suis un éternel insatisfait. Quand on regarde les sites internet d’horticulture, ils ne sont pas très sexy. Moi, j’avais envie de faire le Vogue du jardinage avec de belles photos.» Restait à peaufiner le look. Une soirée déguisée de boîte fait le déclic: ce sera bretelles et chapeau de paille pour Tom le jardinier. «Je voulais créer un personnage moderne, jeune, identifiable.»

Un brin timide, il ne cherche pas vraiment la notoriété ni la visibilité. Mais quand on poste des conseils d’horticulture, on est vite propulsé spécialiste. «Amis, collègues, tout le monde a commencé à me poser des questions sur les maladies des plantes, pourquoi tel basilic est tout flétri, pourquoi tel arbuste a les feuilles qui jaunissent», raconte cet épicurien touche-à-tout, qui cite sans hésiter les noms des plantes en latin.

C’est donc lui que l’on retrouvera chaque semaine pour une vidéo sur notre site deux à quatre minutes de conseils pratiques pour soigner ses tomates ou semer des pensées, voire des astuces pour que les potées tiennent le coup pendant les vacances.

L’objectif est de rendre le jardinage accessible à tous, avec des moyens très simples, une passoire peut remplacer un tamis. Même les citadins qui n’ont qu’une mini-terrasse, un rebord de fenêtre ou une seule orchidée pourront s’y mettre!

Passion tenace

Installé à Lausanne dans un petit appartement – avec un balcon, son lit et le wifi, les trois conditions indispensables à son équilibre – il a réussi à remettre la main sur un bout de terrain: le potager de son patron, Emmanuel Siegfried, responsable de l’agence Komunik. Il a déjà pu y installer plusieurs carreaux de légumes, prévoit une petite serre pour bientôt, une haie de bambous noirs pour remplacer les déprimants thuyas… L’endroit rêvé pour tourner ses vidéos!

Non, les passions ne meurent pas si facilement. Elles reviennent, comme des vivaces, au fil du temps. «Cultiver un jardin, ça apprend la patience et l’assiduité, la régularité.

Ça éveille la sensibilité à la nature, une fibre écologique, la curiosité,

poursuit ce grand collectionneur de livres sur le jardinage. Qui a désormais sa chaîne Youtube. «Mon petit projet est devenu fédérateur, c’est incroyable!», dit-il en souriant, le regard perdu dans la verdure.

Créer sa terrine d’aromatiques

Pas besoin d’avoir la main verte ou un grand jardin. On peut cultiver ses herbettes sur son balcon pour donner du goût à ses grillades. Voici comment fabriquer une bassine parfumée en quatre étapes faciles:

Choisir un bac assez grand. On peut utiliser toutes sortes de pots, de la bassine à la vieille botte de jardinage, l’important est de vérifier que le contenant est percé. Sinon, il s’agit de faire des trous tout autour du bac, à 3-4 cm du fond. Ces orifices permettront à l’excès d’eau de s’écouler et d’éviter que le terreau soit complètement inondé en cas de fortes pluies par exemple.

Disposer des billes d’argile ou du gravillon au fond du bac jusqu’à la hauteur des trous. Cet espace constituera une réserve d’eau, ce qui permet de limiter les arrosages.

Après avoir rempli le bac jusqu’à mi-hauteur de terreau, on dispose les plantes aromatiques: installer les tapissantes, comme la sarriette et le thym, plutôt sur les côtés pour qu’elles puissent s’épancher. On peut y associer du romarin, du persil, de la ciboulette, voire du basilic. Mais éviter d’y ajouter de la menthe, très envahissante. Mieux vaut planter l’exubérante dans un pot séparé.

Arroser abondamment la première fois. Mais il est parfois préférable de mettre les plantes à l’ombre ou au soleil du matin plutôt que de les laisser en plein cagnard et de les arroser régulièrement. On peut aussi disposer un paillis, cosses de coco ou paille de lin, pour protéger la surface et garder un peu d’humidité. Une bonne façon d’économiser les arrosages!

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