25 août 2017

«Tu voudrais aller boire un verre?»

On s’est rencontrés, on a flirté, on a éventuellement souri béatement, la séduction a opéré, on s’est plu. Et maintenant qu’on a repris nos esprits, on fait quoi? Et si on se revoyait?

Le tête-à-tête, une étape incontournable des débuts la vie d'un couple. (Photo: istock
Le tête-à-tête, une étape incontournable des débuts de la vie d'un couple. (Photo: istock)
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Après une première rencontre prometteuse l’inévitable prochaine étape reste dans la plupart des cas le deuxième rendez-vous, plus ou moins galant et plus ou moins satisfaisant. La séduction est une étape fragile et volatile. L’intérêt semble réciproque, mais…

Au début, tout est constamment remis en jeu. Puisque rien n’est jamais gagné d’avance, il s’agit de se montrer sous son meilleur jour et de convaincre. Les premiers rendez-vous s’avèrent bien souvent des coups de poker. Au jeu des probabilités, nous ne maîtrisons finalement que peu de chose et tout s’avère alors crucial. Là où l’on peut, il s’agit de bien placer ses cartes : habillement, lieu du rendez-vous, atmosphère, sujets de discussions. On contrôle ce qu’on peut, comme on peut.

Alors, on s’apprête, on se fait beau ou belle, on appelle une amie, on se parfume, on teste plusieurs tenues avant de revenir à la première option. Les vêtements doivent mettre en valeur sans avoir l’air guindé, selon l’implacable loi du ni trop ni trop peu. On a le droit de passer des heures à se préparer, mais ça ne doit surtout pas se remarquer. Soigné mais décontracté. Tout un programme. Une évidence pour les uns, un casse-tête pour les autres.

Le lieu du rendez-vous et le programme est-lui aussi déterminant. Restaurant? Bar? Parc? Cinéma? Théâtre? Soirée chez des amis? Le lieu choisi en révèle autant sur la personnalité que l’habillement, et détermine l’atmosphère feutrée, détendue ou décomplexée que le rendez-vous aura, ainsi que les tournures qu’il prendra éventuellement.


Une de mes amies, avec une légère intention de tester son prétendant sur ses capacités de survie, a carrément remplacé le traditionnel tête à tête par une séance d’escape room, ce jeu où l’on se retrouve enfermé dans un espace clos et dont le but est de parvenir à sortir de la pièce en résolvant des énigmes dans un temps imparti. Ayant réussi ensemble à sortir de la pièce la plus difficile, ils en ont conclu qu’ils formaient décidément une équipe qui gagne. Risqué certes, mais payant!

Après avoir essayé de maîtriser les composantes imprévisibles de ce jeu, nous voilà au choix, accoudé au bar, assis près de la fenêtre ou debout les bras ballants à un arrêt de bus, feignant de notre mieux la décontraction.

Pour tout vous dire, j’ai toujours pas mal stressé avant de revoir quelqu’un qui me plaisait vraiment. A tel point que j’ai quasi systématiquement peur de ne pas reconnaître mon interlocuteur, comme si mon cerveau faisait la grève de la physionomie. On dirait que ce dernier se trouve des raisons d’avoir effacé son visage de ma mémoire : il faisait nuit, j’étais fatiguée, éméchée, il n’avait pas d’éléments distinctifs… Alors je vous passe les petites crises d’angoisse que je me suis accordées lors de mes derniers rendez-vous, jusqu’à ce que je le voie apparaître dans mon champ de vision et qu’enfin rassurée, je m’avoue que je l’aurais reconnu entre mille!

Finalement vient le rendez-vous en tant que tel. On retrouve notre parfait prince galant. Ou pas… Ben oui, qui n’a jamais vécu un rendez-vous décevant, où l’on s’aperçoit que la personne en face de soi n’est pas aussi attirante, drôle, pleine d’esprit ou attentionnée que dans nos souvenirs? On commence à se dire que son accent à couper au couteau en devient gênant, qu’on n’avait pas anticipé son style gothique, qu’il ne parle que de lui, qu’on n'a rien à se dire, qu’on s’ennuie, qu’on commence à construire dans notre tête un plan pour s’échapper de ce guet-apens? Alors que faire? Sortir par la porte de derrière, se rendre antipathique, feindre l’appel urgent d’une amie ou honnêtement proposer qu’on en reste là? Il faut se faire une raison – mais poliment s’il vous plaît, inutile de faire payer ce pauvre garçon qui n’y est pour rien – on se couche. Game over. On retentera notre chance une prochaine fois.

Et si l’on a bien joué ses cartes et que les deux protagonistes sont toujours dans la partie à l’issue de ce deuxième rendez-vous, les rencontres suivantes s’avéreront sans doute encore bien plus intéressantes.

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