14 décembre 2017

Turin, la magnétique capitale du Piémont

Ancienne capitale de l’Italie, puis bastion de l’industrie nationale, Turin prend une nouvelle direction: devenir un pôle culturel et touristique majeur.

Musée OGR Turin
Une voiture exposée au musée l’OGR rappelle que Turin a construit sa notoriété autour de l’industrie automobile.
Temps de lecture 5 minutes

Vastes friches industrielles reconverties en espaces dédiés à la culture, gratte-ciels hypermodernes qui côtoient une architecture fastueuse et monumentale. Turin est riche de contrastes. Au fil des siècles, la ville n’a eu de cesse de se réinventer sans jamais renier ni son passé ni son identité. Son slogan destiné aux Jeux olympiques de 2006, «Turin qui bouge toujours», sonne comme une promesse tenue. Ancienne capitale de l’Italie et bastion de l’industrie nationale – fief de la maison Fiat – la capitale piémontaise est aujourd’hui résolument tournée vers le futur. Un futur synonyme de culture, de tourisme et d’éducation. Des domaines dans lesquels Turin n’hésite pas à verser des millions pour rénover, réaffecter, redynamiser et ainsi attirer étudiants et curieux. La ville couronnée de cimes enneigées et traversée par le Pô a plus d’un argument pour séduire.

Berceau de la tendance du slow-food et riche d’une forte tradition culinaire et viticole, la capitale piémontaise possède en prime le talent de régaler les gourmets.

Vue sublime sur la ville de Turin depuis le sommet du Musée du cinéma.

Double visage

Pour y accéder depuis la Suisse, embarquez à bord de l’Eurocity jusqu’à Milan, puis sautez dans un train grande vitesse jusqu’à l’une des deux gares de la ville: Porta Suza, construite pour les JO de 2006, au style éco-futuriste, ou Porta Nuova, très classique. Deux gares donc, qui dévoilent le double visage de la ville: d’un côté, la zone industrielle où la modeste brique rouge et un certain esprit «prolétaire» dominent, et de l’autre, le centre historique où trônent de sublimes palazzi du XIXe siècle et de fastueuses résidences royales. Mais loin de s’opposer, ces régions se complètent et offrent au visiteur le sentiment d’une ville qui ne cesse de se déployer. Surprenante et complexe, Turin se visite à l’envi.

La grande table du musée l’OGR où il est possible de se restaurer, rencontrer des amis ou travailler tout simplement.

Délices et musées

Mais commençons par le commencement, soit par la gare principale et troisième plus grande d’Italie: Porta Nuova. Elle donne sur l’une des artères de la ville, le corso Vittorio Emanuele II. De là, il est facile de partir à la découverte du quartier le plus raffiné et cossu de la capitale piémontaise, autour de la Via Roma. Dans cette zone se déploie notamment un vaste réseau d’arcades couvert où se succèdent cafés, restaurants, antiquaires, enseignes de prêt-à-porter et marques de luxe italiennes.

L’émerveillement est à chaque coin de rue.

Un regard jeté là et l’on découvre une sublime cour intérieure, un autre ici et l’on est hypnotisé par la beauté d’une façade sculptée. Les friands de shopping, d’architecture ou de haltes gourmandes trouveront ici leur bonheur. D’ailleurs la célèbre marque de café Lavazza est d’origine turinoise. Pour y goûter, poussez donc la porte de l’un des charmants cafés historiques comme Chez Fiori ou le Bicerin et installez-vous confortablement dans un décor qui ne semble pas avoir changé depuis le XIXe siècle. Puis laissez-vous séduire par un Gianduiotto, un de ces petits chocolats en forme de carène de bateau renversée, l’une des fiertés de la tradition chocolatière de Turin. Son secret? Le mélange entre cacao et pâte de noisettes. Aujourd’hui ces merveilles s’exportent aux quatre coins du monde et contribuent à faire rayonner un savoir-faire en perpétuel développement.

Non loin de la Via Roma se trouvent deux lieux de culture qui méritent le détour: le Musée égyptien (accéder au site du Musée égyptien, en italien et en anglais) et le Musée national du cinéma (accéder au site du Musée national du cinéma) . Le premier est considéré comme le deuxième plus important du monde après celui du Caire. Suite à des travaux pharaoniques terminés il y a environ deux ans, le bâtiment a fait peau neuve. Dans son nouvel écrin, la collection riche de quelque 18 000 pièces impressionne. Momies, sarcophages, objets de toutes sortes… l’étonnement est partout comme avec le statuaire et le tombeau de Kha, pièces maîtresses du musée. Si l’envie vous tenaille encore d’en découvrir plus, marchez jusqu’au Musée du cinéma, à quelques minutes à pied de là.

Dès que l’on pénètre dans son antre, on est frappé par le gigantesque espace sous la coupole. De célèbres extraits de films projetés un peu partout rythment la visite. Le musée se présente comme un véritable voyage dans le septième art. Manuscrits authentiques de Fellini, robes de Liz Taylor ou encore chapeau melon de Chaplin poussent à l’émerveillement mais aussi à la nostalgie. Enfin, pour couronner la visite, il est possible de se hisser au sommet de l’édifice grâce à l’ascenseur panoramique. La vue à 360 degrés est à couper le souffle. Elle permet de prendre toute la mesure de la beauté de Turin. À l’horizon, la chaîne de montagnes ininterrompue encercle le paysage géométrique de la ville avec ses axes qui se croisent à angle droit. Quelques gratte-ciels se détachent du panorama, comme celui de Renzo Piano, le plus haut de tous avec ses 167 mètres de haut. Le bâtiment est situé à deux pas de l’autre gare: Porta Suza. Et c’est justement dans cette direction, vers cet autre Turin, que nous embarquons.

L’entrée du musée l’OGR qui présente une architecture industrielle.

Site industriel et culture

En seulement trois arrêts de métro depuis la gare de Porta Nuova, nous voilà arrivés dans ce quartier en devenir où s’impose fièrement l’œuvre de l’architecte Renzo Piano. Une fois au pied de l’édifice, on a l’impression écrasante d’un vaisseau spatial prêt à décoller. À quelques encablures de là, se déploie une friche ferroviaire de 35 000 m2 dont une partie a été reconvertie en espace culturel. Il s’agit de l’OGR, l’acronyme pour «Officine Grandi Riparazioni». Traduisez: ateliers de grandes réparations. Ce site industriel fermé dans les années 1990 était destiné à la démolition. Mais heureusement, on y flaire le potentiel et l’ancien complexe est transformé en salles de concert, zones d’exposition d’art et lieu de vie. Coût de l’opération? 100 millions d’euros investis par la Caisse d’épargne de Turin. Et le résultat est bluffant. À l’intérieur, on a précieusement gardé en l’état les murs de briques délavés par le temps et apparentes les tuyauteries qui traversent l’ensemble des halles. L’exposition en cours présente, quant à elle, plusieurs œuvres prêtées par différents musées turinois. Le but? Dresser un portrait de la ville au travers des objets que ses résidents ont collectionnés au fil des années. Plus qu’ailleurs, la visite est haletante. Passionnante.

Après en avoir pris plein les yeux, faisons une pause dans l’un des restaurants du site. Le cadre donne envie d’y passer du temps et les menus sont si alléchants que l’on cède aisément à la tentation. Un verre de vin du Piémont comme un Barolo et un plat de vitello tonnato revisité concluent à merveille cette échappée turinoise qui surprend jusqu’aux papilles. 

L’un des sublimes cafés du centre-ville de Turin avec son décor fastueux et son ambiance d’époque.

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