Contribution de lecteur
15 septembre 2017

Un métier technique pour l’avenir

Fille d’agriculteur, Loraine Gfeller a toujours eu l’envie de bricoler et de faire quelque chose de ses dix doigts. Lorsqu’elle est enfant, elle ne compte plus le nombre de fois où elle aide son père à réparer ou améliorer quelque chose à la ferme. Bonne élève, elle passe sa scolarité sans histoire. Elle est en section « maturité » en 11ème année et la mécanique l’attire. Nous l’avons retrouvée quelques années plus tard et elle nous résume son parcours.

Loraine Gfeller: «Le technicien est le super-horloger qui rend le développement de l’ingénieur industrialisable».
Loraine Gfeller: «Le technicien est le super-horloger qui rend le développement de l’ingénieur industrialisable».

Tant ses parents que ses professeurs l’encouragent à trouver sa propre voie et pour elle, ceci passe par les stages. «Je suis assez petite et n’ai pas beaucoup de force, mais je voulais absolument trouver un métier où je peux créer des choses, un métier technique. De plus, l’école n’avait pas un très grand attrait pour moi».

Faire des stages pour bien choisir sa voie

Une fois sa décision prise, la jeune femme cherche une place d’apprentissage pour son CFC de 3 ans d’horlogère praticienne. Si ce CFC peut être fait en entreprise ou à 100% en école (au CIFOM au Locle pour le canton de Neuchâtel ou elle réside), elle désire le faire en entreprise pour être directement intégrée au monde du travail. «Pour moi les stages ont été déterminants, ils m’ont permis de bien comprendre les différentes exigences du métier et de comprendre que le métier d’horlogère était fait pour moi».

L’horlogerie : un autre monde

«les métiers de l’horlogerie ont une bonne image et je n’ai jamais eu de commentaire négatif pour avoir fait un tel choix».

L’apprentissage ? Porte ouverte sur l’avenir

Elle signe ensuite chez Centagora comme horlogère sur complications. «Je n’ai jamais eu de plan de carrière prédéterminé, mais des opportunités se sont présentées et je les ai saisies».

Les points les plus importants pour choisir son métier

Par rapport aux compétences nécessaires pour faire horlogère, elle cite principalement la minutie, la patience, la logique, l’organisation et la propreté. «Il est indispensable de faire des stages et de rencontrer des gens du métier pour discuter avec eux. Ensuite, c’est bien de savoir dans quoi on s’engage, quelle est la durée de la formation et les possibilités d’évolution. Comme dans mon cas, je conseille vraiment de choisir un métier qui nous motive et ne pas choisir quelque chose par défaut».

Une opportunité ? Technicienne en microtechnique spécialisée en conception horlogère

Après quelques mois comme employée et ne pensant pas forcément revenir aux études, Loraine discute avec ses collègues des différentes possibilités d’évolution de son métier. Elle décide de se lancer dans une formation de technicienne ES en microtechnique. Pour cette formation, la maturité professionnelle n’est pas demandée et la jeune femme se lance directement dans cette nouvelle formation de deux ans à plein temps au CIFOM.

La meilleure combinaison ?«Aujourd’hui j’ai un poste au sein d’un département de recherche et développement et nous travaillons en étroite collaboration avec le laboratoire horloger. De par ma formation de base je comprends parfaitement les contraintes techniques et peux faire une passerelle avec un ingénieur qui n’aurait suivi qu’une formation académique».«Le technicien est le super-horloger qui rend le développement de l’ingénieur industrialisable».«Ayant passée par toutes les étapes, je peux aller aider à la production ou au contrôle qualité. J’ai un métier passionnant, très varié et très intéressant».

La technique ? Aussi pour les filles !

«Il y a beaucoup de clichés, mais en réalité et dans les faits, il n’y a pas de différence due au sexe, certains sont plus ou moins soigneux ou organisés, mais c’est valable pour les filles et les garçons».

Une motivation de battante

La notion de carrière est d’ailleurs un peu difficile à cerner car on y associe souvent une notion de planification à long terme. Ce qui n’est pas le cas ici.«Ma carrière s’est développée un peu par hasard en fonction des opportunités que j’ai saisies. Aujourd’hui je m’éclate dans mon job, il y a toujours de nouveaux projets et je découvre de nouvelles choses en permanence».

Plein succès pour la suite…

«Je travaille sans cesse à m’améliorer et à aller de l’avant, mais pas sur un but précis de position ou de carrière. Avec ma formation technique de base et mon diplôme de technicienne, toutes les portes me sont ouvertes. Pour le moment je ne travaille que depuis une année et je dois faire mes expériences et augmenter ma pratique. Je me verrais bien faire un stage linguistique dans les années prochaines pourquoi pas en tant qu’horlogère dans un autre pays ?»

Avec l’évolution du monde vers plus de technicité et d’automatisation, les métiers techniques sont définitivement précieux et notre système de formation permet une adaptation progressive des compétences de chacun aux modifications imposées par l’environnement concurrentiel. Lorsque l’on voit avec quelle aisance Loraine évolue dans ce système complexe, nous ne pouvons que la féliciter et encourager les jeunes à suivre son exemple. Bonne continuation Mademoiselle…

www.bepog.ch

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