27 octobre 2017

Un «mini-Mourinho» plus grand que le vrai?

Marco Silva, le jeune entraîneur portugais, fait des étincelles avec Watford en Angleterre. Sans l’esbroufe de son glorieux aîné et compatriote.

Le nouveau boss a rendu les Hornets (frelons) de Watford plus piquants
Le nouveau boss a rendu les Hornets (frelons) de Watford plus piquants (watfordfc.com).

«José, ennemi du football… » Il faut prendre ce titre d’où il vient. D’un tabloïd anglais fustigeant l’approche ultra prudente et minimaliste que Mourinho avait imaginée lors de la venue de son Manchester United à Liverpool. Résultat, un zéro à zéro qui semble représenter le Graal du football pour le célèbre entraîneur portugais.

Une manière bien ringarde désormais d’aborder un match, si on la compare à la façon dont le Manchester City de Pep Guardiola ou le Naples de Maurizio Sarri conçoivent le jeu: marquer bêtement un but de plus que l’adversaire.

Qu’importe, la «Premier League» anglaise dispose désormais d’un «new Mourinho», appelé aussi le «mini-Mourinho», bien plus réjouissant. En la personne du jeune entraîneur de Watford, Marco Silva, 39 ans.

Un Lisboète qui, comme Mourinho, n’a pas connu une carrière de joueur mémorable - essentiellement en ligue inférieure. Avant, sitôt passé sur le banc, de faire des étincelles. Promotion avec Estoril, coupe du Portugal avec le Sporting, titre de champion de Grèce avec Olympiakos. Un club qu’il quitte aussitôt pour «des raisons personnelles», reprenant Hull City, bon dernier du championnat anglais, en janvier de cette année. Auquel il redonne un vrai fond de jeu mais qu'il échoue de justesse à sauver de la relégation.

En mai, Silva est nommé à la tête de Watford, autre club modeste, célèbre surtout pour avoir eu comme président Elton John. Bilan après 9 journées: une sixième place méritée et une équipe qui joue à fond tous les coups. Bref le nouveau Mourinho a quand même une autre allure que l’ancien. Même s’il refuse toute comparaison: «Je suis Marco Silva», tranche-t-il laconiquement.

Si Marco donc se révèle bien plus audacieux que José sur le terrain, en dehors, c’est le contraire: pas un mot plus haut que l’autre, très loin des provocations et vantardises mourinhesques.

Lors de la belle victoire arrachée avec les dents contre l'Arsenal d’Arsène Wenger, le capitaine Troy Deeney déclarait à chaud devant les caméras, que la défaite des Gunners, contrairement à ce que venait d’affirmer Wenger, n'était pas due à un penalty douteux accordé à Watford, mais plus simplement à un manque de «cojones». Verdict de Silva, qui a recadré son capitaine dans les vestiaires: «Mes joueurs n’ont pas à s’occuper de ce que font les autres mais uniquement d’eux-mêmes». N'empêche, «en avoir ou pas» pourrait bien être la devise du Mourinho nouveau.

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