15 décembre 2017

Un Noël féérique

Myriam Biselx, 11 ans, de St-Séverin (VS), a remporté le 3e prix de notre concours du Conte de Noël. Nous publions ici le texte primé.

fée
Nova trouve injuste que tous les enfants du monde ne puissent pas avoir de cadeaux...(Photo: iStock)

Il était une fois un royaume de fées. Il y en avait des millions, peut-être même des milliards. Entre elles, il y en avait des grandes et des petites, des fines et des rondes, des brunes et des blondes et de toutes les couleurs. Elles vivaient dans la plus grande harmonie.

Les fées aimaient tout (sauf peut-être les araignées), mais particulièrement l’hiver. Pourquoi ? Parce que chaque hiver, leur reine choisissait trois fées pour aider les lutins du Père Noël à faire les cadeaux pour les petits enfants. Et quand Noël était passé, elle donnait des récompenses à celles qui avaient travaillé le mieux et punissait les paresseuses.

Au royaume, quand notre histoire s’est passée, c’était l’hiver. Les fées faisaient des statues de glace avec leur magie, fabriquaient de la neige et faisaient beaucoup d’autres activités hivernales comme le patinage et les batailles de boules de neige magiques.

Mais aujourd’hui, c’était spécial. C’était le jour préféré de toutes les fées. C’était le jour où la reine choisissait ceux qui allaient chez le Père Noël, et toutes les fées étaient rassemblées dans le palais royal. Le palais était couvert de neige et de glace et du gui était suspendu sur toutes les portes, car il y avait des fées garçons. Les fées bavardaient comme des commères. « Moi, j’ai décoré mon champignon avec des guirlandes de houx et des glaçons immenses, des lampes sur mon petit sapin et plein de bougies rouges, vertes et dorées, car j’ai entendu que la reine choisit les assistants par rapport à leur champignon », dit une minuscule fée, pas plus grande qu’un pouce. « Tu rigoles ! Tu crois que tu vas être choisie ? C’est ridicule ! » ricane une rondelette. Chut ! Tout le monde se tut, car la reine monta en scène avec des étincelles argentées. Elle portait une grande robe argentée, avec une écharpe de fourrure et une couronne d’or pur. « La populace féérique, comme je fais chaque année, je vais annoncer les assistants ou assistantes désignés pour aider à faire les cadeaux. Avant de les annoncer, je vais juste vous redire les règles si vous êtes choisis : si vous êtes choisi, vous devez monter sur le podium ; si vous êtes choisi, vous devez faire du mieux que vous pouvez, sinon, votre punition sera pénible; si vous êtes choisi, vous ne pouvez pas échanger votre position avec quelqu’un d’autre. J’espère que vous respecterez ces règles. Et maintenant, je vais vous annoncer les choisis : Alaia ! » On vit monter une fée bronzée et noiraude. « Calomb ! », un garçon pâle et maigre, « Nova ! » Une très petite fée aux cheveux bleus sursauta et monta en rougissant vers le podium. « Voici ceux que j’ai choisis, j’espère que vous travaillerez bien », dit la reine avant de disparaître. Puis, tout le peuple sortit avec un bruit pas possible, en bavardant et en blablatant.

Les fées choisies étaient toutes en train de jouer, quand le contrôleur cria : « Pôle Nord ! Pôle Nord » Alaia, Calomb et Nova descendirent du train volant. Brr… qu’il fait froid au Pôle Nord ! C’était le lendemain, et ils étaient en train depuis quelques heures déjà et de plus ils étaient seulement à la gare féérique du Pôle Nord. Calomb demanda à un pingouin de les amener à l’atelier du Père Noël. Ils y arrivèrent en une heure et demie.

Quand ils ouvrirent la porte, ils entendirent des rires, des chansons, et des gags. Les lutins continuèrent de travailler et de bavarder comme si les petites fées n’existaient pas. Un grand lutin les dirigea vers le bureau du Père Noël. Quand il ouvrit la porte, le petit groupe sentit l’odeur du tabac. Apparemment, le Père Noël fumait ! Il les reçut joyeusement en chassant le lutin. Alaia fut mise dans le bureau des nounours ; Calomb fut dirigé vers les voitures électriques ; mais, quand vint le tour de Nova, le Père Noël fronça les sourcils et réfléchit. Qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire, si petite ? Il prit un moment pour décider. « Nova, toi, tu vas regarder toutes les listes adressées à moi dans le monde, et tu vas écrire tout ce qui y est écrit, car le lutin qui faisait cela vient justement de prendre sa retraite. Cela va être très difficile, mais tu y arriveras.» Elle hocha la tête, puis elle partit.

Trois jours plus tard, Nova partit pour l’Amérique du Nord. Elle passa pendant la nuit, maison à maison, liste à liste. Parfois, il n’y avait pas de liste, donc elle sauta ces maisons. Nova travailla dur, mais elle était si petite qu’elle ne pouvait pas aller très vite. Elle vit le monde, mais personne ne la vit, car les fées sont très discrètes.

Puis elle partit pour l’Europe, puis l’Asie et l’Océanie. Et enfin, l’Afrique. Elle aimait bien le beau temps là-bas, même si ça la dérangeait un peu que ce soit l’hiver et qu’il n’y ait pas de neige. Et il y avait une chose qu’elle détestait : que tous les petits garçons et toutes les petites filles qui n’avaient pas de liste ne pouvaient pas avoir de cadeaux de Noël. Elle avait pitié d’eux.

Mais un jour, quand Nova avait déjà écrit quelques dizaines de listes, elle vit une lumière dans une petite hutte, toute vieille et délabrée. Elle fut confuse : qui donc pourrait être réveillé à cette heure-ci ? « Nova va devoir faire très attention, pensa notre petite fée, de peur que Nova soit découverte. » Avec ses petites ailes bleues, elle vola précautionneusement vers la fenêtre éclairée et se balançant sur le rebord de la fenêtre, utilisant sa baguette magique, fit un petit trou et entra dans la chambre. Quand elle fut dans la chambre, elle vit une petite fille noire, les yeux à moitié fermés et la bouche ouverte comme pour bâiller. Dès qu’elle fut assez proche, elle la vit en plus de détails : elle avait des cheveux noirs et frisés, des yeux vert-bleu pâle et des cernes autour des yeux. N’empêche qu’elle était jolie. Elle ne sentit rien, même quand Nova fut assez proche pour lui donner une bise, comme si elle était dans un autre monde. La fée, dès qu’elle se sentit en sécurité, vola vite de l’autre côté de la petite pièce, et utilisa sa baguette pour trouver la liste. Malheur ! Elle n’en trouva pas ! Elle avait tellement pitié d’elle. Qu’est-ce que Nova pourrait faire, pour cette pauvre fille ? pensa Nova, C’est dommage qu’elle n’ait pas fait de liste. Si seulement elle en avait fait une ! Nova pourrait demander au Père Noël. Mais Nova ne pourrait pas faire cela, car Nova sera gênée. Mais Nova doit ! La fée décida finalement de demander au Père Noël de donner des cadeaux à tous les petits enfants du monde, liste ou pas ! Puis elle sortit de la chambre et continua son voyage…

« C’est une très mauvaise idée, Nova ! Je comprends pourquoi tu as pitié d’eux, mais si les enfants ne travaillent pas à être bons, ils ne vont plus faire d’efforts pour l’être ! » dit le Père Noël patiemment. « Mais si !» cria Nova, en pleurs, « Mais si ! Nova a vu tous les petits enfants sans listes ! Ils sont pourtant très bons ! Vous pensez que c’est juste ?! »

- Je suis d’accord. Cela n’est pas très juste. Mais, penses-tu que c’est juste de donner des cadeaux aux enfants qui n’en méritent pas ? C’est final : on ne les donne qu’aux enfants sages et honnêtes… et ceux qui ont des listes….

Nova sortit en pleurant du bureau, les yeux rouges et fermés. Quelques lutins, en passant à côté d’elle, murmurèrent entre eux : « On devrait voir ce qu’il y a… C’est très bizarre. » « Tu penses qu’elle a été renvoyée ? » Tous ces commentaires l’énervaient. Pourquoi Nova ne peut pas être tout seule. Pourquoi Nova doit pleurer, pensa Nova, en fronçant les sourcils et en faisant une grimace, Si Nova ne peut pas donner des cadeaux à tous, Nova ne veut pas aider à les faire.

Soudain, elle eut une idée… Elle changea de direction brusquement, et commença à voler… vers le bureau du Père Noël ! Elle ouvrit la porte avec un petit mouvement de sa baguette magique et dit d’une petite voix : « Nova ne veut plus faire de cadeaux ! Nova n’aime pas Noël ! » Alaia, qui passait par là, les yeux écarquillés, s’exclama : « Nova ! Tu es folle ?! Ne pas aimer Noël, c’est ne pas aimer la reine ! Tu vas être punie ! » « Nova s’en fiche ! »

- Nova va être punie. Tu ne peux pas faire ça. La reine va punir Nova.

- Si Nova ne peut pas donner de cadeaux aux petits enfants, Nova ne veut pas faire des cadeaux ! Hmpf.

Nova sortit, les bras croisés et la bouche ferme. Elle alla dans sa chambre, une petite pièce toute blanche, avec un lit bleu et une valise. Nova prit donc sa valise et mit tout ce qui lui appartenait : une chemise de nuit, sa baguette magique et quelques petits bibelots. Devant tous les lutins qui passaient, elle sortit de sa chambre, claqua la porte et s’en alla dans le long corridor qui menait à la porte. Mais, avant de quitter le Pôle Nord et l’atelier du Père Noël, elle s’approcha du tapis roulant qui menait à la salle d’emballage, trouva une belle chaise à bascule, la miniaturisa et la mit dans sa valise. Heureuse que personne ne l’ait vue, elle commença son voyage vers l’Afrique…

Dès qu’elle fut dans la petite chambre de la maison délabrée, elle s’approcha du lit, et, soufflant sur la fillette, la réveilla. Quand elle fut réveillée, elle chercha la cause de son réveil. Juste quand elle allait se rendormir, elle vit la petite fée, toute brillante de joie. « Qui es-tu, petite fée ? demanda la fillette noire, Tu es vraiment petite, dis donc. » « Nova est une fée. Nova est venue te donner un cadeau de Noël en secret, car tu n’avais pas fait de liste de Noël, et il est strictement interdit de donner des cadeaux aux petits enfants qui n’ont pas de listes. Mais Nova est venue t’en donner un, car Nova a pitié de toi. » En disant ces mots, elle ouvrit la valise, sortit la chaise à bascule minuscule, l’agrandit et la lui donna. « Merci petite fée, tu es très gentille de me donner ça. Je suis contente, contente, contente. Merci ! » La fille aux cernes et aux cheveux noirs lui tendit le doigt, et la petite fée le serra. Avec la petite fille derrière elle qui criait au revoir, Nova partit à jamais, rayonnante de joie. Elle était tellement joyeuse qu’elle pensait pouvoir subir la plus horrible des punitions et toujours être heureuse.

Myriam Biselx

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