4 septembre 2018

Un petit parfum d'aventure

Au départ de Broc (FR), les gorges de la Jogne promettent à toute la famille un beau moment de dépaysement. Et pourquoi ne pas pousser la balade jusqu’à Charmey, histoire de se plonger dans un paysage typiquement gruérien.

Une passerelle sur le chemin de Broc à Charmey
Une série de passerelles plus ou moins branlantes jalonne notre chemin (photo: Pierre-Yves Massot).
Temps de lecture 4 minutes

S’engouffrer dans un étroit tunnel creusé à même la roche, traverser une bringuebalante passerelle de bois surplombant un torrent, déambuler entre deux vertigineuses falaises… Rien de tel qu’une escapade dans les gorges de la Jogne (FR) pour se sentir pousser des ailes d’apprenti aventurier! Avec la promesse, si le soleil brille, de contempler un éclatant camaïeu de verts et de bleus tout en profitant de la fraîcheur de la rivière.

La balade débute par un tunnel creusé à même la roche (photo: Pierre-Yves Massot)

Point de départ: le parking idéalement situé à la sortie du village de Broc, un peu avant le pont qui traverse la Jogne. Immédiatement accueillis par le bourdonnement du cours d’eau, que nous entrapercevons pour l’heure à une dizaine de mètres en contrebas, nous nous engageons sur un chemin forestier et croisons quelques promeneurs profitant aussi de cette radieuse journée.

Si on l’entend bien dès le départ, la Jogne demande un peu de patience avant de se montrer (photo: Pierre-Yves Massot).

Au murmure de la rivière vient bientôt s’ajouter celui d’une cascade, qui s’écoule le long d’une façade moussue avant de traverser le sentier. Quelques pierres nous permettent de traverser l’obstacle les pieds au sec. Puis nous rejoignons, en pente douce, les bords de la Jogne, que nous allons remonter à contre-courant. La rumeur devient grondement et, parsemées de rochers verdoyants, les eaux turquoise scintillent de mille feux.

Devant nous, le chemin se fait plus étroit, se faufile avec le torrent entre les falaises. L’heure est venue de pénétrer dans les gorges, et la porte d’entrée prend la forme d’une galerie exiguë et sombre… L’aventure commence! Et s’enchaîne sur une série de passerelles plus ou moins branlantes arrimées aux parois.

L’eau se pare d’une multitude de tons verts éclatants (photo: Pierre-Yves Massot).

Comme dans un film

Dans l’univers calfeutré du canyon et des végétaux qui s’y accrochent, quelques rayons de soleil parviennent toutefois à percer et illuminent la rivière limpide, donnant presque l’envie de s’y plonger ou du moins de s’y attarder. Nous poursuivons cependant notre route, zigzaguant gaiement de ponts en tunnels et nous imaginant volontiers en compagnie de Michael Douglas ou d’Harrison Ford, à la poursuite du diamant vert ou sur la piste du temple maudit.

Par moments, le chemin s’éloigne de la rivière et se glisse à nouveau dans la forêt. Le chant aquatique fait alors place à celui des oiseaux. Puis, au détour d’une trouée dans la roche, nous voilà de nouveau à flanc de falaise. Nous traversons une dernière fois la Jogne avant d’entamer une abrupte montée entre les conifères, qui nous mène au barrage de Montsalvens, dominant le lac du même nom.

Le barrage hydroélectrique du lac est bientôt centenaire (photo: Pierre-Yves Massot).

Changement d’atmosphère. Derrière les eaux célestes et tranquilles – offrant un saisissant contraste avec celles, plus tumultueuses, de la Jogne – se dresse le majestueux massif des Dents-Vertes et les collines vert tendre qui mènent à Charmey, but de notre expédition. Quintessence de la campagne gruérienne. Ne manquent que les vaches, au loin, pour compléter le tableau… Nous regrettons presque de ne pas avoir emporté avec nous meringues et double crème pour les déguster devant ce paysage idyllique.

Nous traversons le vertigineux ouvrage hydroélectrique qui date de 1920 et nous rejoignons le bord du lac, que nous allons longer par le nord. Nous profitons d’un petit sentier débouchant sur une plage de galets pour nous octroyer une petite pause.

Le lac de Montsalvens, avec le Moléson en arrière-plan photo: Pierre-Yves Massot).

Suivant du regard les deux mouettes que notre présence a effrayées alors qu’elles paressaient sur une barque en bois, nous apercevons avec ravissement, perdue dans le lointain, la silhouette du Moléson. Le clapotis des vagues n’a pas grand-chose à voir avec le rugissement du torrent que nous avons laissé derrière nous. Et comme pour répondre à nos précédentes prières, les sonnailles des bovidés retentissent enfin à nos oreilles.

Une ambiance des plus sereines

Bientôt, le lac devient à nouveau rivière, plus large, plus verte, et plus paisible que précédemment. Mais l’aventure n’est pas complètement terminée: nous traversons encore une passerelle suspendue, longue de 60 mètres. Un panneau didactique nous apprend que 24 mètres cubes de bois ont été nécessaires pour la construire, de même que l’utilisation d’un hélicoptère. Les auteurs osent même la comparaison avec le pont de la rivière Kwaï. Apparemment, nous ne sommes pas les seuls à rêver en technicolor.

La traversée de la passerelle met un point d’orgue à notre expédition (photo: Pierre-Yves Massot).

Nous nous approchons de Charmey. Avant de rejoindre le village, nous avons encore l’occasion de deviner, caché entre deux collines, le massif des Gastlosen. Même de loin, elles semblent mériter leur surnom d’Inhospitalières. Voilà de quoi relancer notre imagination! Mais ce sera pour une autre expédition. Pour l’heure, nous sautons dans le bus pour regagner Broc et rêver à notre prochaine aventure.

La chaîne des Inhospitalières (Gastlosen) se dresse fièrement dans le paysage (photo: Pierre-Yves Massot).

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