23 septembre 2013

Un polar grandeur nature à Genève

Mais où est donc passé le professeur Kymerion? Genève Tourisme propose une enquête palpitante sous forme de jeu de piste pour découvrir l’histoire de la cité.

Les visiterus dans la vielle ville lisant le scénario entre leurs mains.
Aidés d’un 
scénario 
présenté sous la forme d’un
carnet, les 
visiteurs 
progressent dans la ville au gré des indices.
Temps de lecture 6 minutes

C’est un roman policier écrit à la deuxième personne. Le professeur Archibald Kymerion (personnage fictif) n’a plus donné signe de vie depuis déjà deux semaines. La nuit de sa disparition, une peinture a été dérobée au Musée de la Réforme. Les deux affaires seraient-elles liées?

A vous de mener l’enquête! «Geneva Mystery» est proposé depuis la semaine dernière par la Fondation Genève Tourisme et Congrès. Muni d’un scénario sous forme de carnet, le visiteur endosse le rôle de héros. Grâce à son sens de la déduction et de l’observation, il pourra s’orienter dans la vieille-ville de Genève et y découvrir les précieux indices.

L’aventure débute devant le bâtiment historique de l’Université, dans le célèbre parc des Bastions. A chaque poste, il s’agit de résoudre une énigme pour connaître la suite de son périple. Des mystères à élucider parfois dans le carnet… mais souvent aussi en observant les lieux autour de soi. Les indices sont partout: un chiffre gravé dans une marche en pierre, une fresque au plafond d’une cathédrale, une mosaïque antique… Il faut avoir l’œil bien aiguisé lorsqu’on se met dans la peau d’un Sherlock Holmes!

Gus Brandys pose souriant et tenant son scénario entre les mains.
Gus Brandys propose de visiter Genève en s’amusant et en se creusant les méninges.

L’originalité de ce chemin de piste est qu’il s’appuie uniquement sur le mobilier urbain permanent. «Rien n’a été ajouté le long du parcours», explique Gus Brandys, cofondateur de l’association Gus and Co qui a imaginé ce jeu de piste. «Un grand travail d’observation a été nécessaire pour relever tous ces petits détails, souvent inconnus aux yeux des passants.»

Des énigmes assez compliquées

Et pour immerger davantage les visiteurs au cœur de cette intrigue, une grande liberté leur a été laissée. Lorsque plusieurs chemins sont possibles, à eux de faire les bons choix pour récolter un maximum d’indices. «Les énigmes sont assez compliquées, mais j’ai fait en sorte qu’à un moment donné une ampoule s’allume dans la tête des enquêteurs. Je suis toujours à la recherche de ce moment où l’on se dit: Ah! Cette fois-ci, j’ai compris!»

Si le scénario s’appuie sur une fiction, il a pour but de raconter la véritable histoire de Genève. Et pour bien distinguer la fiction de la réalité, un petit symbole en forme de loupe marque les textes à valeur historique. «L’aspect narratif du carnet de route est essentiel pour motiver les visiteurs à aller jusqu’au bout de l’enquête, poursuit le spécialiste des jeux de piste. Le but est qu’ils s’impliquent dans cette histoire et qu’ils la vivent de l’intérieur. C’est du cinéma 4D avant l’heure!» Une immersion et un aspect ludique omniprésent qui permettraient aussi de retenir davantage d’informations. «Cette aventure marquera les joueurs. Ils se souviendront bien plus longtemps de leur passage à Genève que s’ils avaient effectué une visite guidée conventionnelle.»

Le groupe passe devant un bâtiment portant en contre-jour les drapeaux suisses et genevois.
Découverte de la vielle-ville à pied.

Et pour compléter la découverte de la cité, l’enquête amène à franchir les portes de trois grands musées genevois: la Maison Tavel, le Musée de la Réforme et la Site archéologique de la Cathédrale Saint-Pierre. «J’ai voulu que les visiteurs se sentent libres, explique Gus Brandys. Ils peuvent profiter de toutes les expositions que proposent ces musées ou simplement y chercher l’indice nécessaire à la poursuite du jeu de piste.»

Une aventure qui se termine de façon victorieuse ou... pas

Le relief Magnin
Le relief Magnin présentant la ville en 1850 est à voir dans la Maison Tavel.

La nouvelle activité de Genève Tourisme ne s’adresse donc pas qu’aux touristes étrangers. Les visiteurs romands devraient y faire aussi de belles découvertes. «Je suis Genevoise mais j’ai appris plein de nouvelles choses sur l’histoire de ma ville», raconte Astride, jeune étudiante qui a pu tester le jeu de piste avant son ouverture. «Et lorsqu’on traverse les musées à la recherche d’indices, cela donne envie de parcourir leurs expositions», complète son amie Sonia.

Nous ne dévoilerons bien sûr pas ici le dénouement de l’histoire. Aux visiteurs de le découvrir en prenant part à l’aventure. Mais attention! Elle ne se terminera pas de façon victorieuse pour tous... Cela dépendra du talent d’enquêteur de chacun!

Texte: Alexandre Willemin

Photos: Olivier Miche

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