18 juin 2012

Un ventre plat sans se casser le dos

Une nouvelle méthode venue de France permet de faire travailler les muscles intra-abdominaux tout en ménageant ses lombaires. Nous l’avons testée lors d’un cours à Genève.

Femmes faisant de la gym
La position égyptienne est excellente pour affiner la taille.
Temps de lecture 4 minutes

Vous souhaitez un ventre plat et pratiquez chaque soir une série de cinquante «abdos». Surtout arrêtez le massacre. Car les exercices classiques se révéleraient plus nocifs pour le dos que bénéfiques: avec le mouvement d’arrondissement du dos, cela favorise au final davantage le bourrelet. «Les mouvements traditionnels ne sollicitent que les muscles extérieurs», explique Markanda Imhof, professeure de danse et danse-thérapie chez Nafas, à Genève, qui donne ce cours «Les abdominaux autrement».

Comme pour les Pilates, dans la nouvelle méthode (brevetée) Apor de Gasquet, les exercices visent les muscles abdominaux internes qui maintiennent la stature du corps. Ils se composent de trois familles: le transverse, les petits et grands obliques, les grands droits. Il s’agit de prendre conscience de ces muscles très importants.

Tout se joue sur la respiration.

Aujourd’hui, le cours de midi accueille huit personnes, cinq femmes et trois hommes, aux motivations diverses: «Au fil des années, mon ventre tombe, malgré le sport, constate Claire-Lise Gregori, qui pratique la danse égyptienne. Mon but est de le raffermir sans forcément perdre des kilos, obtenir une bonne tenue.» Allongés sur des nattes, nous enchaînons les exercices.

Markanda Imhof, professeure de danse et danse-thérapie chez Nafas, à Genève.
Markanda Imhof, professeure de danse et danse-thérapie chez Nafas, à Genève.

La clé de la réussite se trouve dans la respiration. Chaque effort s’effectue sur l’expiration, en rentrant le ventre vers le haut, comme si l’on tentait de le faire remonter sous les côtes. Lorsque l’on contrôle enfin plus ou moins son souffle, s’ajoute la fausse inspiration: rester en apnée durant l’effort, le ventre creusé au maximum. «Cela a un effet gainant et aide à remonter la masse viscérale, ce qui protège le dos et le périnée, poursuit la professeure. Mais ces mouvements font également l’effet d’un massage pour les organes internes. Ils favorisent la digestion, à l’inverse des abdos normaux, qui provoquent une hyperpression sur l’abdomen et le périnée, car ils sont pratiqués avec le dos arrondi, ce qui raccourcit les grands droits et fait sortir le ventre.»

Le cours permet à chacun d’aller à son rythme 
et de prendre un moment pour se faire du bien.
Le cours permet à chacun d’aller à son rythme 
et de prendre un moment pour se faire du bien.

Proche du yoga et des arts martiaux

Pour le débutant, la difficulté réside principalement dans la respiration, qui demande beaucoup de concentration. Lorsqu’il faut tenir une figure, le souffle manque. «C’est normal, on a besoin de temps pour la maîtriser. Il faut être très précis dans ses gestes et sa respiration.» A ce jeu-là, la méthode Apor de Gasquet se rapproche du yoga et des arts martiaux, dont certains mouvements sont inspirés.

Cinq minutes par jour, au réveil, cela suffit.

La chaleur monte dans la salle, l’on aperçoit des perles de sueur ici et là. «Ce cours me correspond bien, il est tout en douceur, raconte la doyenne des participants, Eglal Zenie. Je sens la différence, physiquement et moralement.»

Certains des exercices sont tout à fait réalisables chez soi ou au bureau, comme ceux qui concernent l’étirement: couché sur le côté, les bras tendus le long de la tête, l’on grappille quelques centimètres en repoussant les chevilles le plus loin possible. On peut aussi, sur sa chaise de bureau, poser les mains sur le siège et, bien droit, s’allonger, gagner quelques centimètres, puis relâcher. Toute la colonne vertébrale est étirée. «Certains petits muscles profonds du dos ne sont jamais sollicités, ce qui provoque le tassement de la silhouette et fait ressortir le ventre», souligne la professeure.

La fausse inspiration consiste à retenir son souffle sur 
la position 
d’étirement.
La fausse inspiration consiste à retenir son souffle sur 
la position 
d’étirement.

La corbeille de fruits des organes

Ravis mais à bout de souffle, les participants quittent la pause sportive pour retourner au travail. «Idéalement, pour voir un résultat, il faudrait pratiquer ces gestes chez soi tous les jours. Pas longtemps, cinq à dix minutes suffisent, au réveil, dans le lit.» Mais également retrouver le centre de gravité qui ne met aucun muscle sous pression. Le bassin est comme une corbeille de fruits: s’il est bien à l’horizontale, les organes restent en place.

Pratiquant la danse, le yoga et spécialiste du bien-être du corps par le mouvement, Markanda Imhof a découvert cette méthode grâce à sa physiothérapeute, puis a ensuite suivi une formation pour professionnels du mouvement à l’Institut de Gasquet à Paris. «Même s’ils sont moins spectaculaires que les abdominaux classiques, les exercices respectent la morphologie de chacun et, réalisés correctement, ils agissent en profondeur et ne peuvent faire que du bien.»

Autres informations: www.nafas.ch

Texte: Mélanie Haab

Photographe: Magali Girardin

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