5 janvier 2018

Une nageuse prometteuse

Tombée toute petite dans la natation artistique, la Genevoise Clara Bergonzi, 15 ans, vient de vivre une année 2017 riche en médailles et en distinctions. Elle compte bien représenter la Suisse aux championnats européens et internationaux junior cet été.

Clara Bergonzi dans la piscine, vue depuis sous l'eau
Clara Bergonzi s’entraîne une vingtaine d’heures par semaine pour rester à niveau.
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Son rêve? Participer un jour aux Jeux olympiques… «Mais ce n’est pas pour tout de suite», sourit Clara Bergonzi . Âgée de 15 ans, la Genevoise devra encore patienter quelques années avant de rejoindre la cour des grands.

En attendant, la natation synchronisée helvétique (rebaptisée depuis peu natation artistique) peut d’ores et déjà compter sur elle. Sacrée meilleure nageuse romande de sa catégorie (J2, 13-15 ans) en 2017, elle a aussi obtenu le double titre de championne suisse en solo et en duo. Des résultats qui lui ont permis de représenter notre pays en août dernier lors d’une compétition internationale au Portugal, où sa partenaire et elle ont décroché la médaille de bronze.

«Une année mémorable», résume sa maman Laurence, plus prompte à chanter les louanges de la jeune sportive que cette dernière. Car elle a le triomphe modeste, Clara Bergonzi. Un brin timide, l’adolescente s’estime toutefois heureuse de ses résultats. Fière? Oui, reconnaît-elle. Mais le succès ne semble pas lui être monté à la tête pour autant.

Un premier titre de championne suisse

C’est à l’âge de 6 ans qu’elle découvre sa discipline de prédilection. «Je nageais déjà et j’avais bien envie de me mettre à la danse. Mes parents m’ont proposé la natation artistique: c’est un peu un mélange des deux. J’ai tout de suite croché.» De figures techniques en chorégraphies finement orchestrées, évoluant en solo, en duo, en groupe (8 nageuses) ou en combos (10), elle se familiarise peu à peu avec ce nouveau monde et ses exigences:

C’est un sport qui requiert beaucoup de souplesse, d’endurance et de souffle. On doit être en mesure de rester de longues secondes sous l’eau.

Poussée par son club, le Genève Natation 1885, et habituée très jeune aux compétitions, elle remporte en 2013 son premier titre de championne suisse (catégorie J3, 9-12 ans). D’autres victoires s’enchaîneront.

Pas trop le trac au moment de se présenter devant un jury? «Si. Mais dès que je suis dans l’eau, ça va mieux. Quand je nage, je ne pense à rien d’autre…» Et Laurence Bergonzi de renchérir:

Clara a la capacité de se mettre dans sa bulle, c’est comme ça qu’elle gère le stress.

Curieusement, ce ne sont pas les compétitions internationales qui rendent l’adolescente le plus nerveuse. «J’ai davantage de chances de décrocher une première place en Suisse: du coup, la pression est plus importante…»

La Genevoise Clara Bergonzi est très à l'aise dans son élément.

Conjuguer sport et études

Pour rester à niveau, elle s’entraîne une vingtaine d’heures par semaine, entre échauffement hors de l’eau, longueurs dans le bassin et enchaînements de figures en musique. Sans toutefois négliger sa scolarité, elle qui vient d’entrer dans le postobligatoire et qui compte bien décrocher sa matu.

«Jusqu’à maintenant, je suivais un programme spécial, avec des horaires aménagés. La situation est plus difficile à gérer aujourd’hui et j’ai beaucoup de devoirs à la maison.

Il me reste peu de temps pour les loisirs.

Heureusement, l’année a bien commencé, j’ai de bons résultats.» Une réussite que sa mère met aussi sur le compte de sa rigueur sportive, acquise au fil des années.

Voilà qui lui sera utile lorsqu’elle entamera, ainsi qu’elle le souhaite, ses études de médecine. «Ou quelque chose du genre», nuance-t-elle. Non pas qu’elle envisage d’arrêter la natation:

Mais je suis consciente qu’en Suisse, on ne peut pas vivre de ce sport. J’espère juste continuer le plus longtemps possible.

Prochaine étape: se qualifier cette année pour les championnats européens et mondiaux, dans une nouvelle catégorie, les 15-18 ans. «Tout dépendra de mes résultats durant la saison, mais j’ai toutes mes chances…»

Jamais découragée, Clara Bergonzi? «Non. Même s’il y a des moments où je me sens moins motivée: en hiver, lorsqu’il fait froid, j’ai plus de peine à rentrer dans l’eau.» Elle a en outre toujours pu compter sur le soutien sans faille de sa famille.

Qu’elle soit première, cinquième ou dixième, tant qu’elle y trouve du plaisir et qu’elle garde le sourire, je suis heureuse pour elle,

confirme Laurence. Son père – ancien footballeur – et son frère – adepte de boxe thaïe – partagent, de leur côté, sa passion pour le sport. «Lorsque nous sommes en vacances, nous partons plonger tous les trois. Avec mon frère, nous avons passé notre brevet lors d’un voyage en Égypte, quand on était petits. J’adore observer le monde sous-marin. Ça aide, d’avoir une bonne capacité pulmonaire.» Un vrai poisson…

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