10 octobre 2019

Sept jours sans plastique

Notre rédactrice Lisa Stutz a essayé pendant une semaine de renoncer aux emballages en plastique. Voici son journal de bord.

Avocat, poivrons, tomates: tout est disponible en vrac
Avocat, poivrons et tomates sont disponibles en vrac à Migros.
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Lundi

J’ai oublié dès le premier jour que je faisais une expérience. Je suis en retard. Comme j’ai besoin d’un coup de fouet avant ma première réunion, je prends un café à l’emporter. Ce n’est que lorsque j’ai le gobelet en carton en main que je remarque son couvercle en plastique. Plus tard, au bureau, j’examine ce chapeau blanc de plus près. Il porte la mention «compostable lid», couvercle compostable. C’est déjà ça. Après une recherche sur Google, je découvre qu’il est composé de PLA, une matière organique synthétique obtenue par la fermentation d’amidon de maïs avec des lactobacillales.

Zut! Le couvercle du gobelet est en plastique.

Je réalise alors que je ne sais presque rien sur le plastique. L’entrée Wikipedia correspondante dépasse largement mes compétences en chimie. Sur une autre page, je trouve cette explication: le plastique est fait de petits composants chimiques qui fusionnent pour former de plus grandes structures. De nombreux objets du quotidien sont composés en partie ou totalement de plastique: cartes de crédit, stylos, cintres… Je suis bien contente de ne devoir renoncer qu’aux articles en plastique à usage unique.

Je passe le reste de la journée au bureau sans utiliser de plastique.

Mardi

Je me décide pour un repas de midi à l’emporter au restaurant du personnel. Des contenants en plastique réutilisables sont à disposition. Il me suffit de payer une caution de 5 francs. Mais je n’ai pas pensé aux couverts: j’en prends à contrecœur des jetables. Pour couronner le tout, ils sont emballés dans du plastique fin. Ma collègue a une meilleure solution: elle a un vrai couteau et une vraie fourchette à son bureau. Après le repas, alors que je jette mes couverts et qu’elle nettoie les siens, je me note d’en emporter de la maison. Même si la vaisselle n’est un plaisir pour personne.

La cantine Migros propose des assiettes réutilisables pour les collaborateurs qui souhaitent manger à l'extérieur.

Le soir, j’achète un cadeau pour une amie. Le vendeur me donne un joli sac en plastique. Il est si beau que mon amie le réutilisera sans doute. J’ai encore une fois contourné le concept de «jetable».

Mercredi

Je bois volontiers directement au robinet. L’année dernière, je me suis offert une gourde isotherme. Je l’ai toujours avec moi. Mais, dans un instant d’inattention, je commets une erreur: au distributeur d’eau du bureau, j’attrape un verre en plastique pour le remplir. Après coup, je me demande pourquoi je n’ai pas utilisé ma gourde. La réponse est simple: c’était plus pratique d’étancher ma soif directement là-bas. Je m’en veux de n’y avoir même pas pensé.

Une seconde d'inattention suffit pour se retrouver avec un gobelet en plastique à la main.

Une fois mon travail terminé, j’ai rendez-vous avec une copine. Je suis assez pressée et j’aimerais prendre de quoi manger sur le ­chemin. Je remarque alors quelque chose: quand il s’agit d’aller vite, difficile de renoncer au plastique. En effet, les salades et sandwichs à l’emporter sont souvent emballés dans du plastique. Même si j’ai envie d’une salade, je me contente d’un petit pain.

Jeudi

Doucement mais sûrement, la nécessité d’aller faire des courses s’impose à moi. Je veux préparer des fajitas pour le repas du soir, donc je vais à Migros. Des avocats, des poivrons, des tomates, de la salade: tout est disponible en vrac, sans plastique.

A Migros, de plus en plus de fruits et légumes sont proposés à la vente sans emballage en plastique.

C’est pour la viande que les choses se compliquent. Sur l’étagère, les découpes de poulet sont toutes proposées dans des barquettes à usage unique. Je me dirige alors vers le comptoir. Le boucher est sympathique et émince la volaille pour moi. Il l’emballe dans une sorte de papier enduit: je ne suis pas sûre qu’il soit exempt de plastique. Toutefois, cette option semble plus respectueuse de l’environnement. Et cela ne me coûte pas beaucoup plus cher.

Comme je ne confectionne pas les tortillas moi-même, je n’ai pas d’autre choix que de prendre celles emballées dans du plastique. Après avoir payé, je range tous les ingrédients. Dans mon sac à main, je glisse toujours un sac en tissu plié pour ne pas avoir à en acheter quand je fais des courses imprévues.

Vendredi

Je réussis à passer tout mon vendredi sans utiliser de plastique jetable. Le midi, je mange au restaurant du personnel, puis le soir je rentre directement à la maison, sans ressortir.

Un sans-faute aujourd'hui. Les efforts portent leurs fruits.

Samedi

Mon copain va chercher le petit-déjeuner, muni d’un vieux sac en papier. Quand il revient, seul le fromage d’Italie est emballé dans du plastique. Le sachet avec les croissants présente, lui, une bande transparente au milieu. Soudain, ces «détails» me sautent aux yeux. Puis, je déballe un nouveau fer à repasser que j’ai commandé en ligne. Il est composé de plusieurs pièces, toutes protégées par une fine pellicule plastique. Je jette une grosse boule de plastique à la poubelle.

Un croissant offert... Comment résister malgré son emballage en plastique?

Je passe le reste de la journée en pleine nature: le seul plastique que je vois est un gobelet abandonné sur le bord du chemin.

Dimanche

Aujourd’hui, ce n’est pas difficile de me passer de plastique jetable. Le soir, nous n’avons pas envie de cuisiner et commandons des pizzas. Elles arrivent comme toujours dans leur boîte en carton. Victoire, pas de plastique! Mais je doute que cette variante, qui inclut un trajet en voiture, soit plus écologique que la pizza que je prépare moi-même à partir d’une pâte sous plastique.

Avoir toujours une gourde isotherme avec soi permet de diminuer grandement sa consommation de plastique jetable.

Le soir, je dresse le bilan: après une semaine d’expérimentation, je vois du plastique partout. Je suis désormais mieux informée sur ce sujet. Cependant, je n’ai pas réussi à toujours éviter le plastique jetable au quotidien, loin de là. C’est particulièrement difficile lorsque l’on cherche un plat rapide à manger sur le pouce. Mais, quand on a plus de temps, les magasins proposent souvent des alternatives sans plastique. Par ailleurs, cela vaut le coup d’avoir toujours un sac en tissu et une gourde sur soi. Je me suis promis de m’acheter un gobelet isotherme pour savourer mon café à l’emporter du lundi matin sans mauvaise conscience

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