19 février 2018

Raconte-moi l’histoire...

Dans le cadre de «Générations au musée», un projet du Pour-cent culturel Migros, deux juniors, Darina et Anakin, et une senior, Lucienne, font travailler leur imagination au Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds pour un après-midi placé sous le signe de l’échange intergénérationnel.

Dans le cadre de «Générations au musée», deux juniors, Darina et Anakin, et une senior, Lucienne, font travailler leur imagination au Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds.
Pas facile pour Lucienne, Anakin, et Darina de retrouver l’emplacement de leur maison actuelle sur cette peinture représentant la ville de La Chaux-de-Fonds il y a bien longtemps.
Temps de lecture 3 minutes

Créer du lien et déconstruire les murs rigides des musées: tel est le concept de «Générations au musée», une initiative du Pour-cent culturel Migros. Déjà actif en Suisse alémanique depuis 2014, le projet en faveur des rencontres intergénérationnelles a été récemment élargi à toute la Suisse. Aujourd’hui, nous avons rendez-vous à La Chaux-de-Fonds où deux groupes sont réunis au Musée d’histoire: les aînés du Cyberthé, un atelier d’informatique pour les seniors, et les enfants des «mercredivertissement», organisés tous les deux par le Service de la jeunesse de la ville.

La rencontre débute par une séance d’information, au cours de laquelle les participants font connaissance et les trios, composés de deux enfants et d’un adulte, sont tirés au sort. La jeune Darina Mak, qui fête aujourd’hui ses 9 ans, a droit à des vœux chantés par toute l’assemblée. Rien de tel pour briser la glace entre les participants.

Il faut dire qu’avant cet après- midi, Darina et Anakin Gressot, 5 ans, n’avaient jamais rencontré Lucienne Conz, une retraitée dynamique de 68 ans désignée par le hasard comme leur alliée pour l’après-midi. La curatrice de l’événement, Sylvie Pipoz, rappelle les instructions: «Dans un musée comme celui-ci, on ne connaît pas toute l’histoire des objets, mais on peut s’amuser à leur inventer une vie. C’est ce que l’on vous invite à faire. Ensuite, chaque groupe pourra raconter ce que cet objet lui a inspiré. Le but est de faire preuve d’imagination.» Imagination: le mot est lancé. Aujourd’hui, pas de visite guidée où l’on passe en revue les objets exposés selon une logique muséale, chaque groupe est libre d’aller où il veut et de laisser sa créativité s’arrêter sur ce qui l’inspire.

Armés de blocs de papier et de crayons, les petits groupes sont lâchés dans le musée. Notre trio s’arrête immédiatement devant un tableau interactif faisant revivre l’histoire de la ville. «C’est où l’Italie?», demande Anakin, en faisant aller son doigt sur une carte de la région. Lucienne, répond patiemment aux nombreuses questions des fantasques juniors. Le trio navigue d’un objet à l’autre. La doyenne, enchantée de transmettre ses connaissances de la ville qui l’a vue grandir à la nouvelle génération, montre, décrit et explique alors que les enfants boivent ses paroles. Parfois, il faut savoir aussi les cadrer. «Là c’est le nord!», continue Anakin en désignant un dessin de rose des vents, décidément plus branché géographie qu’histoire. Après de nombreux va-et-vient entre les différentes salles, nos historiens en herbe se fixent sur deux objets. Anakin opte pour un ancien tramway alors que Darina s’intéresse à la reproduction 3D d’un crâne d’un homme de Cro-Magnon. Les idées fusent et les contes prennent forme.

Darina et Anakin (à gauche et au centre) n'avaient jamais rencontré Lucienne (à droite) avant cet après-midi au musée.

L’histoire autrement

Plongés dans le passé, le temps file. La coordinatrice se charge de ramener nos protagonistes à la réalité contemporaine en leur rappelant qu’il est l’heure de passer à l’étape suivante. Les participants, l’un après l’autre, présentent alors les objets de leur choix et racontent leur histoire. Anakin, le benjamin de la journée, partage avec beaucoup de spontanéité ses anecdotes sur les trains, tandis que Darina, très sérieuse, narre la vie incroyable d’un chasseur d’ours de la préhistoire mort de faim dans une grotte de la région. Dans la bouche des enfants, l’Histoire est complétée voire récrite. L’annonce du goûter signe la fin de la visite pour nos jeunes affamés qui se ruent sur les biscuits et les mandarines. Réinventer un musée, ça creuse!

Après leur collation, nous retrouvons notre trio enfin rassasié. Tous sont enchantés par l’expérience qu’ils viennent de vivre. Lucienne reconnaît cependant qu’il n’est pas facile de briser les codes dans un lieu aussi sacralisé qu’un musée. «Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir de l’imagination et de la curiosité, ce n’est pas évident de sortir du cadre du musée pour faire marcher son imagination. Moi qui n’ai pas de petits-enfants, j’apprécie de partager une acti­vité avec des jeunes de cet âge.» Darina, elle, ne regrette pas d’avoir passé son après-midi d’anniversaire au musée: «J’adore raconter des histoires, et c’était super de partager la mienne avec les autres participants.» Anakin, quant à lui, est toujours occupé à manger avec les autres. Nul doute qu’aujour­d’hui au musée, chacun a trouvé son bonheur. 

Plus d’informations et inscriptions sur www.generations-au-musee.ch

Benutzer-Kommentare