25 avril 2019

Voix nomade

L’artiste israélo-suisse Yael Miller vit entre Genève et Paris. Avec son groupe, elle chante en anglais, en hébreu et en français des textes intimes et engagés sur des mélodies pop-rock.

Temps de lecture 3 minutes

«À 6 ans, après avoir entendu Rita, la Céline Dion israélienne, j’ai dit à ma mère que je voulais être chanteuse!» Cette dernière aurait préféré que sa fille devienne psychologue. Mais voilà, quand Yael Miller a une idée en tête… À 18 ans, son cursus classique de musicienne achevé, elle rejoint les rangs de l’armée comme toutes ses compatriotes. Elle tiendra une année. «Ça a été une expérience traumatisante.» Au point qu’elle décide de quitter son pays «pour commencer une nouvelle vie».

Escales à New York, en France, puis en Suisse. «Je suis venue à Genève par amour. C’était en 2006 et je pensais rester six mois.» Elle se plaît dans la cité lémanique, y trouve du travail, tisse des liens et se lance dans l’aventure Orioxy, quartet de jazz avec qui elle fera le tour de l’Europe.

À la trentaine, vient l’urgence de s’affirmer, d’écrire des textes plus intimes sur des compositions aux sonorités pop-rock. Elle crée un groupe à son nom, Yael Miller. Premier EP en 2017, premier album en 2018. Avec sa voix envoûtante (il y a un peu de la regrettée Lhasa de Sela en elle), cette artiste chante en anglais, en hébreu et en français ses amours, ses emmerdes, sa vie d’aujourd’hui et aussi Israël, patrie avec laquelle elle peine à se réconcilier. Sa musique fait mouche, séduit les programmateurs, touche les âmes et les cœurs…

10 h. Allers et retours «Depuis décembre, depuis que je suis en résidence à la Cité internationale des arts, je fais des va-et-vient entre Genève et Paris. Ça me convient parce que j’aime le changement. Si je reste trop longtemps à un endroit, j’ai l’impression de me faner, de perdre mon inspiration.»
11 h. Matrice «C’est mon local. J’y donne des cours de chant, j’y organise des répétitions et surtout c’est là que je compose et que j’enregistre mes maquettes. Le fait que ce soit une cave sans fenêtres ni réseau – donc sans tentations! – me permet d’oublier le monde alentour et de me focaliser sur mon travail.»
12 h. Déjeuner sur l’herbe. «J’ai grandi au bord de la mer, dans un pays chaud. J’éprouve souvent le besoin d’aller dehors pour me ressourcer près d’un cours d’eau ou d’un lac, et si possible au soleil. C’est une manière sans doute de me rappeler un peu mon enfance passée à Tel Aviv.»
13 h. Répétitions «Ma vie est faite de beaucoup de répétitions. Aujourd’hui, c’est avec les membres de Cotton Mount. Mais je travaille aussi régulièrement avec Roland Merlinc et Baptiste Germser, les musiciens de mon groupe. Et j’ai encore un autre projet à Paris avec une vibraphoniste et une hautboïste. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer.»
18 h. Amitiés «Les amis, c’est super important. C’est un peu ma famille, je sais que je peux compter sur eux, je sais qu’ils sont là pour moi. Les miens viennent de tout un tas d’horizons différents. Avec eux, je partage de très bons moments et je refais le monde. J’aimerais juste avoir

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