12 décembre 2017

Yves Marclay a une petite loco dans la tête

Yves Marclay est un ferrovipathe heureux, qui a trouvé sa voie. Passionné de train depuis sa plus tendre enfance, ce désormais quadra préside aux destinées du Swiss Vapeur Parc au Bouveret (VS) et dirige la compagnie de transport ferroviaire valaisanne Regionalps.

Yves Marclay
Au Swiss Vapeur Parc, Yves Marclay a trouvé une seconde famille.

Des trains, des petits trains, encore des petits trains; des trains de seconde classe, des trains de première classe… En très, très résumé, voilà à quoi ressemble l’univers d’Yves Marclay, président du Swiss Vapeur Parc au Bouveret et CEO de l’entreprise de transport valaisanne Regionalps . Un univers ferroviaire dans lequel il évolue avec aisance et à toute vapeur.

Car ce capitaine d’artillerie a du tempérament. Il est direct, parfois tranchant. Charmeur également. «J’ai une motivation et un dynamisme qui font que je ne peux pas rester en place. J’ai toujours envie d’avancer, de trouver de nouveaux objectifs, de nouveaux défis. C’est un peu ce qui rythme ma vie.» Il est plus TGV que tortillard, davantage express qu’omnibus.

«Je suis quelqu’un qu’il faut calmer», confirme-t-il. Cet «hyperactif» s’est ainsi prescrit cinq à six heures de sport par semaine, histoire de faire retomber la pression. Sur son ordonnance: des allers et retours dans les bassins de natation (normal pour un ancien nageur de compétition). «Et un peu de jogging et de marche en montagne avec mon amie en complément.»

Inutile donc de lui demander de se poser quelques instants sur un divan, même le temps d’une micro-psychanalyse. De toute manière, le diagnostic est vite posé: Yves Marclay est un ferrovipathe chronique et heureux de l’être. Et pour trouver l’origine de ce trouble obsessionnel et compulsif, de ce déraillement, Sigmund nous aurait conseillé de remonter à la petite enfance…

Si l’on en croit la légende familiale, j’aurais dit ‹train› avant de dire ‹papa-maman› (rires).

Yves Marclay

Plaisanterie mise à part, ses premiers souvenirs tangibles remontent à l’âge de 3 ou 4 ans. «Je regardais les trains passer depuis le balcon de notre maison qui donnait sur une voie de chemin de fer et aussi à travers les grillages du square dans lequel j’allais jouer.»

C’est à ce moment-là que la petite loco s’est mise en marche dans sa tête. Pour ne plus s’arrêter. Tchouk, tchouk, tchouk!... Le jeune Yves se met à collectionner du matériel roulant miniature, puis à construire des maquettes de plus en plus grandes et sophistiquées. Cette manie du modélisme ne l’a d’ailleurs pas quitté. «C’est mon hobby d’hiver», avoue-t-il sans honte.

Son cas s’aggrave à la puberté, alors qu’il rend visite à sa grand-maman au Bouveret. «A 12 ans, il y a eu un déclic. J’ai vu des gens qui étaient en train de finir de construire ce qui allait devenir le Swiss Vapeur Parc.» Il ne peut s’empêcher d’aller à leur rencontre et est immédiatement enrôlé. Fini le plaisir solitaire, désormais il partage son amour du rail avec d’autres passionnés comme lui.

Une carrière au fil du rail

Au bout du lac, il trouve une deuxième famille qui l’adopte, le comprend et l’encourage. L’ado qu’il est alors apprend au contact de ses aînés. Il met les mains dans le cambouis et pilote des compositions de poche. Un pur bonheur! Tenace, persévérant, il grimpe les échelons jusqu’à prendre les commandes (il a été nommé président l’an passé) de ce parc d’attractions ferroviaire.

Au moment de choisir sa voie professionnelle, on aurait pu s’attendre à ce qu’il embrasse le métier de mécanicien de locomotive comme Jean Gabin dans La Bête humaine. Mauvais aiguillage pour ses parents qui l’incitent à poursuivre ses études. «Ils ont bien fait et je ne regrette pas de les avoir écoutés, ça aurait été un emploi beaucoup trop routinier pour moi.»

Pour fuir le train-train, le bouillant Valaisan suit un cursus d’ingénieur en mécanique à l’EPFL. Et une fois son diplôme en poche, il obtient tout naturellement un poste dans un bureau à Thoune, spécialisé dans la modification et la modernisation du matériel roulant.

Je pouvais enfin travailler sur de vraies machines, à l’échelle 1/1.

Jamais, il ne dévie de la ligne qu’il s’est tracée.

La suite? Quelques années aux CFF, notamment comme responsable opérationnel des trains internationaux, puis billet retour (direction son canton) fin 2016 pour reprendre les rênes de Regionalps, le RER du Valais qui emploie 75 personnes et transporte 9 millions de passagers par an. «Ma carrière se fait au fil du rail», conclut l’incorrigible Yves Marclay avec un grand sourire.

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